France Inter cède aux grévistes et Charles Sapin ne pourra plus y faire son édito. Il réagit sur X et reçoit beaucoup de soutiens
Charles Sapin viré de France Inter. Malgré le soutien qu'il avait reçu de la direction, cette dernière a cédé face aux grévistes. Le journaliste a réagi sur X. Il déclare que certains montrent leur "ouverture d’esprit et leur sérénité face à l’idée de souffrir 0,025% de temps d’antenne dissonant. »
Publié par J.PE
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Charles Sapin n’aura eu le temps que d’effectuer deux chroniques à l’antenne de France Inter avant d’être écarté de son poste. Il n’avait pourtant que deux minutes le dimanche matin. La présidente de Radio France Sibyle Veil avait pourtant annoncé il y a quelques jours qu’elle ne céderait pas…Il avait été aussi dit par Vincent Meslet que : "La règle qui protège Charles Sapin aujourd’hui est exactement celle qui vous a protégés hier et qui vous protégera demain. Une indépendance qui ne s’exerce que vers l’extérieur n’est pas une indépendance : c’est un confort. Certains voulaient un service public neutre, aseptisé, ligoté. Nous défendons autre chose : un service public indépendant des pouvoirs et impartial dans le traitement des faits, des désaccords et des sensibilités du pays. Cela suppose d’être indépendants aussi à l’égard de nos propres réflexes, de nos entre-soi et de nos certitudes. Radio France doit rester une maison ouverte."
Charles Sapin a donc pris la plume sur X pour expliquer ce qui arrive alors qu’il n’avait jamais réagi, ni son magasine pour ne pas perturber la direction de France Inter.
La direction de France Inter vient de m’annoncer la suppression de mon édito hebdomadaire sur ses antennes.
— Charles Sapin (@csapin) September 19, 2026
Je me suis astreint jusque-là au silence.
Mais cette décision appelle désormais quelques mots... https://t.co/K1YihPJNvB
Il déclare sur X : « J’ai préféré garder le silence jusque-là, ne souhaitant pas ajouter au brouhaha et au ridicule. Ni compliquer la tâche de la direction de Radio France. Qui, envers et contre les assauts de syndicats tout-puissants en son sein, s’était fixé pour projet d’accueillir sur ses antennes toutes les nuances de pensée d’un pays qui, à la veille de la présidentielle, n’a jamais été aussi fracturé.
Je me suis reconnu dans ce projet. J’étais honoré de cette invitation à y participer en tant que directeur adjoint de Valeurs actuelles. Comme Céline Pigalle et Sibyle Veil, je crois qu’il n’est d’autre antidote à la polarisation délétère ambiante que l’expression plurielle des idées et leur confrontation.
C’était sans compter l’ouïe fine des cortèges “antifascistes” qui, en deux chroniques de 150 secondes hebdomadaires, consacrées au mur des déficits publics et à l’intelligence artificielle, sera parvenue à déceler le retour des heures sombres et le bruit des bottes venant menacer la pureté idéologique du service public. Bravo à eux. »
Il déclare ensuite qu’une minorité radicalisée fait la loi à France Inter : « Mon cas personnel importe peu. Et la perspective de dormir le dimanche matin ne me donne pas de nuit blanche. Mais je constate qu’une exigence aussi basique que le pluralisme peut lever contre elle une minorité radicalisée, prompte à invoquer la démocratie tout en contestant une liberté d’expression pourtant capitale à sa vitalité. On exhume le délit d’opinion, on déshumanise, on démonise, on coupe le micro à celui qui perturbe l’entre-soi… »
Il ironise sur ceux qui prétendent faire de la « censure préventive » alors que lui n’a jamais été attaqué en justice et qu’il était un journaliste respecté de la profession : « On ne peut que s’incliner devant cette brillante innovation démocratique : la censure préventive. Inutile d’attendre qu’un chroniqueur dise quelque chose de répréhensible ; il suffit d’imaginer ce qu’il pourrait penser, de s’en indigner, puis de faire grève contre ce qu’il n’a jamais prononcé. Imparable. Ainsi il n’est plus de droite acceptable que celle que la gauche se choisit. »
Il regrette que la direction de France Inter ait cédé : « Il est donc des forces anti-républicaines, jusque dans le temple qu’est France Inter, pour qui la démocratie n’est plus l’art d’organiser le dialogue entre des opinions divergentes afin de faire émerger un accord minimal sur ce que doit être le bien commun. Mais un ensemble de valeurs arbitraires, qu’elles s’estiment seules habilitées à définir. Tout désaccord vous place dès lors hors du champ démocratique. Légitimant la censure, puis la violence à votre encontre. Ceci n’a rien d’une lutte pour la démocratie. C’est une lutte pour le pouvoir. En l'occurrence, pour le conserver. Je regrette que la direction de Radio France, face à cette dérive, ait décidé d’ainsi rendre les armes. Face à ces syndicats et artistes qui démontrent, une fois de plus, l’ampleur de leur ouverture d’esprit et leur sérénité face à l’idée de souffrir 0,025% de temps d’antenne dissonant. »
Le journaliste a reçu beaucoup de soutiens sur les réseaux suite à sa déclaration.