Gaz naturel : les réserves belges insuffisantes mais pas de quoi paniquer
Les pays européens sont sous pression pour remplir leurs réserves de gaz à temps. En raison de la guerre au Moyen-Orient, l’incertitude est en effet forte quant à l’approvisionnement énergétique.
Publié par Niels Saelens
Tant que le détroit d’Ormuz - une voie maritime par laquelle transite environ 20 % du transport mondial de GNL - reste bloqué, les prix continueront à atteindre des sommets. Actuellement, le prix du gaz sur la principale bourse néerlandaise s’élève à environ 45 euros par mégawattheure. C’est un peu plus de 15 euros en dessous du pic de mars, mais toujours 15 euros au-dessus du niveau d’avant le début du conflit en Iran.
Les pays européens remplissent leurs réserves de gaz
La Commission européenne a déjà appelé les États membres en mars à reconstituer leurs stocks de gaz pour l’hiver plus tôt que d’habitude. Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie, a toutefois souligné que cela devait se faire à un rythme modéré afin d’éviter que les prix de l’énergie n’augmentent encore plus fortement, comme en 2022, sous l’effet des achats européens. Il a recommandé d’atteindre un niveau de remplissage de 80 % d’ici le 1er décembre.
Cet appel n’est pas resté lettre morte. Presque tous les États membres ont entamé le remplissage de leurs réserves de gaz. Celles-ci ont déjà nettement progressé en France (+8,5 points de pourcentage, de 22 à 30,5 %), en Espagne (+5,8 points), en Italie (+5,4 points) et aux Pays-Bas (+4,5 points). Nos voisins du nord sont toutefois en phase de rattrapage, leur niveau de stockage n’étant que de 4,5 % en début d’année.
La Belgique, parmi les mauvais élèves
La Belgique doit encore combler son retard, selon une analyse de De Tijd. Ses réserves sont actuellement remplies à 24,1 %. Notre pays fait ainsi moins bien que les autres États membres européens et figure même parmi ceux où les stocks ont diminué en avril. C’est également le cas de la Tchéquie, de la Bulgarie et de la Pologne.
Selon Fluxys, il n’y a toutefois pas lieu de paniquer. Le gestionnaire du réseau gazier rappelle que ce sont des négociants privés, comme ENI ou Engie, qui réservent les volumes dans les stockages souterrains. Ils décident eux-mêmes si - et quand - ils injectent du gaz naturel, pour autant qu’ils respectent l’obligation européenne de remplissage avant l’hiver.
Fluxys précise également que la capacité de stockage en Belgique est limitée à 9 térawattheures (TWh), ce qui permet un remplissage rapide. « En théorie, les injections doivent commencer au plus tard en été pour atteindre l’objectif de 90 % de remplissage avant l’hiver », indique-t-on.