Greta Thunberg cette fois devant un lycée de Saint-Denis : l'invitée surprise dans la contestation
Révélée par son combat contre le réchauffement climatique, Greta Thunberg était ce mardi à Saint-Denis pour soutenir les lycéens mobilisés contre le manque de moyens dans l'Éducation nationale. Une nouvelle étape dans la diversification des engagements de la militante suédoise, désormais présente sur de nombreux fronts politiques.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Greta Thunberg rejoint les lycéens mobilisés à Saint-Denis. Du climat à Gaza puis à l'éducation, ses engagements sont de plus en plus divers.
Greta Thunberg a trouvé un nouveau terrain de mobilisation : les lycées français. Ce mardi 13 octobre, la militante suédoise de 23 ans s'est présentée devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, l'un des principaux foyers de la contestation lycéenne qui agite la France depuis plusieurs semaines.
Keffieh sur les épaules, elle s'est mêlée à une centaine de manifestants réunis devant l'établissement, à l'occasion du cinquième acte du mouvement national.
« On nous vole notre avenir », a-t-elle déclaré aux journalistes, dénonçant le manque d'investissements dans l'éducation et saluant la détermination des élèves français.
Une intervention qui pose une question : comment celle qui incarnait autrefois, presque à elle seule, l'urgence climatique est-elle devenue une figure militante intervenant sur des sujets aussi différents ?
La militante écologiste Greta Thunberg est présente au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis pour soutenir le mouvement de blocus lycéen en France. pic.twitter.com/z961LpUGVq
— CLPRESS / Agence de presse (@CLPRESSFR) October 13, 2026
Du climat à la contestation tous azimuts
En 2018, Greta Thunberg s'était fait connaître en organisant des grèves scolaires pour le climat devant le Parlement suédois. Son initiative avait donné naissance à un mouvement international, Fridays for Future, mobilisant des centaines de milliers de jeunes autour d'une revendication identifiable : accélérer la lutte contre le réchauffement climatique.
Depuis, son engagement s'est considérablement élargi. La militante a notamment pris position sur la guerre à Gaza, participé à des mobilisations propalestiniennes et multiplié les interventions sur des questions sociales et politiques qui dépassent largement son combat initial.
Sa présence à Saint-Denis illustre cette évolution. Cette fois, il n'est question ni d'émissions de CO₂ ni de transition énergétique, mais de moyens scolaires, de conditions d'enseignement et de rapports entre manifestants et forces de l'ordre.
Interrogée par BFMTV, Greta Thunberg a jugé la mobilisation des jeunes Européens « inspirante », mais également prévisible. Selon elle, lorsque les jeunes sont privés de conditions compatibles avec leurs droits fondamentaux, leur révolte devient inévitable.
La logique de son engagement apparaît ainsi de plus en plus large : du climat à l'éducation, les différentes contestations sont présentées comme les manifestations d'une même injustice faite à la jeunesse.
Une mobilisation française déjà sous tension
La venue de Greta Thunberg intervient alors que le mouvement lycéen connaît sa cinquième journée nationale de mobilisation.
Les élèves dénoncent notamment le manque de professeurs, la vétusté de certains bâtiments, les classes surchargées et des conditions d'apprentissage dégradées. Les organisations mobilisées réclament un plan d'urgence de dix milliards d'euros.
Le gouvernement a annoncé des mesures supplémentaires, dont le déploiement de 3.000 enseignants remplaçants et une augmentation d'un milliard d'euros du budget de l'Éducation nationale. Des annonces jugées insuffisantes par les représentants du mouvement.
La contestation a également été marquée par des tensions et des violences. Emmanuel Macron a appelé au calme et condamné les destructions commises en marge des rassemblements.
Greta Thunberg a, pour sa part, dénoncé auprès d'Euronews ce qu'elle considère comme une violence policière excessive à l'encontre des jeunes manifestants.
Une militante omniprésente, mais quel message ?
L'évolution de la militante suédoise peut soulever un problème de lisibilité. À force d'intervenir sur des causes toujours plus nombreuses, elle prend le risque de voir son message climatique initial passer au second plan.
Sa notoriété internationale lui garantit une attention médiatique considérable, y compris lorsqu'elle intervient dans des débats dont elle n'est pas une spécialiste reconnue. Cette visibilité peut servir les mouvements qu'elle soutient, mais elle expose aussi ses prises de position à une critique croissante : celle d'un militantisme devenu si général qu'il peine à définir ses priorités.