Trop jeunes pour être jugés, assez grands pour tout casser ? (carte blanche)
Les jeunes qui ont manifesté pacifiquement le 9 octobre méritent notre respect, mais ceux qui ont tout cassé doivent répondre de leurs actes, et leurs parents doivent eux aussi assumer leur part de responsabilité. Carte blanche de Stéphane Gurbuz, président des Jeunes MR Bruxelles-Périphérie
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
Après les violences lors des manifestations de jeunes à Bruxelles, le MR propose d'abaisser la majorité pénale à 16 ans et de responsabiliser les parents des casseurs.
Ce vendredi 9 octobre, de nombreux jeunes ont manifesté dans les rues de Bruxelles, et la grande majorité d'entre eux l'ont fait dans le calme, avec des pancartes et des slogans. Je n'ai rien à reprocher à ces jeunes, car le droit de manifester fait pleinement partie de notre démocratie. Même si je ne partage pas toutes leurs critiques, je respecte profondément leur volonté d'exprimer leur désaccord dans la rue.
Ce même jour, une autre manifestation s'est pourtant déroulée, et celle-ci ne portait ni pancarte, ni slogan, ni la moindre revendication. Ses participants ont incendié des voitures et ont lancé des pétards sur les policiers présents sur place. Les jeunes qui ont commis ces actes n'étaient pas venus pour parler de leur avenir, mais uniquement pour casser.
Une image m'a particulièrement frappé, puisque beaucoup de ces jeunes portaient encore leur cartable sur le dos, ce qui montre qu'ils venaient de quitter leurs cours en pleine journée. Je me pose donc une question simple : comment ces élèves ont-ils pu quitter leur école en si grand nombre sans que personne ne réagisse ? Les établissements scolaires ont une responsabilité envers les élèves qui leur sont confiés, et nous devrons comprendre ce qui s'est passé dans chacune des écoles concernées.
Nous devons également regarder en face le rôle joué par les réseaux sociaux, et en particulier par TikTok, qui a pesé énormément dans ces mobilisations. Depuis plusieurs semaines, les images des blocages et des affrontements devant les lycées français circulent en boucle sur les téléphones, et certains jeunes ont clairement voulu les reproduire chez nous. Des élèves ont d'ailleurs eux-mêmes reconnu qu'ils étaient en contact avec des lycéens français.
Je ne prétends pas que les jeunes qui manifestent sont manipulés, car ceux qui défilent pacifiquement savent parfaitement ce qu'ils défendent. J'affirme en revanche que les casseurs rejouent un scénario importé de France, sans même savoir contre quoi ils se battent. La situation belge n'a pourtant rien à voir avec la situation française, puisque l'enseignement francophone reste l'un des mieux financés au monde. Je comprends que certaines réformes soient mal acceptées et qu'elles suscitent un débat légitime, mais rien ne pourra jamais justifier la violence.
La première réponse consiste à cesser de considérer qu'un adolescent de 16 ans ne sait pas ce qu'il fait. À 16 ans, un jeune est assez grand pour savoir qu'on ne brûle pas une voiture et qu'on n'attaque pas un policier. Certains répondent que des procédures existent déjà et que les mineurs peuvent déjà être condamnés. Cette affirmation est exacte, mais elle ne s'applique que dans des cas précis, puisqu'un jeune de 16 ou 17 ans ne peut aujourd'hui être jugé comme un adulte qu'à titre exceptionnel, lorsque le juge de la jeunesse décide de se dessaisir du dossier. Je propose donc d'abaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans, afin que ce qui constitue aujourd'hui l'exception devienne demain la règle.
La deuxième réponse consiste à responsabiliser les parents. Lorsqu'un mineur incendie une voiture ou s'en prend à des policiers, son comportement ne révèle pas seulement l'échec d'un adolescent, mais aussi celui d'un cadre familial. Un juge doit donc pouvoir suspendre temporairement les allocations familiales des parents concernés, comme le MR le propose depuis le mois de juin. Les réparations des dégâts doivent également être payées par ceux qui les ont causés, et non par les habitants dont la voiture a brûlé ou par l'ensemble des contribuables. C'est précisément le sens de la loi casseurs-payeurs, que le gouvernement fédéral s'est engagé à mettre en œuvre.
Certains trouveront ces mesures trop dures, mais je pense au contraire que la véritable dureté se trouve ailleurs. Il est dur de retrouver sa voiture calcinée, il est dur d'être un policier blessé pour avoir encadré une manifestation, et il est dur d'être un jeune qui manifeste pacifiquement et qui voit son combat sali par une minorité de casseurs. Le parquet de Liège a résumé cette position cette semaine en promettant la tolérance zéro pour les auteurs d'infractions, tout en rappelant que la grande majorité des élèves manifestent pacifiquement. Cet équilibre entre fermeté et respect est exactement celui que nous devons tenir.
À la question de savoir si ces jeunes sont trop jeunes pour être jugés mais assez grands pour tout casser, ma réponse est clairement non. Un jeune ne peut pas avoir l'âge de brûler une voiture sans avoir l'âge d'en répondre devant la justice. Défendre la jeunesse ne signifie pas tout lui excuser, mais au contraire lui faire confiance et la tenir pour responsable de ses actes.