Un Belge sur trois fait des heures supplémentaires chaque semaine
Près d’un Belge sur trois effectue des heures supplémentaires chaque semaine, selon une enquête Protime. Un phénomène devenu courant qui inquiète aussi les spécialistes de la santé mentale.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- 32 % des Belges effectuent des heures supplémentaires au moins chaque semaine.
- Un tiers des travailleurs concernés affirme que ces heures ne sont presque jamais enregistrées.
- Des experts alertent sur les risques pour la santé mentale au-delà de 50 heures de travail hebdomadaires.
Selon une enquête menée pour Protime, près d’un travailleur belge sur trois effectue des heures supplémentaires au moins une fois par semaine. Un phénomène devenu courant, mais dont les conséquences sur la santé mentale inquiètent les spécialistes.
Les heures supplémentaires font désormais partie du quotidien de nombreux travailleurs belges. D’après une enquête réalisée par l’agence iVOX pour le compte de Protime, 32 % des Belges prestent des heures supplémentaires au moins chaque semaine, tandis que 5 % déclarent en faire presque tous les jours.
À l’inverse, seuls 16 % des employés affirment ne jamais dépasser leurs horaires de travail. Pour près d’un tiers des répondants, la semaine de travail s’allonge en moyenne d’environ trois heures supplémentaires.
Des heures supplémentaires souvent mal encadrées
L’étude met aussi en lumière un manque de suivi des heures prestées. Parmi les travailleurs concernés, un tiers affirme que ces heures supplémentaires sont rarement, voire jamais, enregistrées. Plus inquiétant encore: pour un salarié sur six, le supérieur hiérarchique n’est même pas au courant du temps supplémentaire presté. Selon eux, un meilleur suivi améliorerait la transparence au sein des entreprises.
Pour Florent Bovicelli, porte-parole de Protime, un meilleur suivi permettrait pourtant de limiter les dérives. “Une meilleure visibilité du temps de travail aide les responsables à répartir plus équitablement la charge de travail et à planifier les processus de manière plus efficace”, explique-t-il.
Selon l’enquête, 55 % des travailleurs estiment d’ailleurs que l’enregistrement du temps de travail peut contribuer à réduire le nombre d’heures supplémentaires.
Des conséquences possibles sur la santé mentale
Le professeur Lode Godderis met toutefois en garde contre les risques liés à des semaines de travail trop longues.
Selon lui, le problème ne dépend pas uniquement du nombre d’heures prestées, mais aussi du contexte de travail, du niveau de pression, du soutien reçu et surtout des possibilités de récupération.
Le spécialiste rappelle qu’au-delà de 50 à 55 heures de travail par semaine, les risques de troubles de santé mentale augmentent progressivement, surtout lorsque cette surcharge devient structurelle et non ponctuelle.
Une pratique devenue banale
Répondre à des e-mails après la journée de travail ou terminer un dossier en soirée est désormais une habitude pour de nombreux salariés. L’étude montre ainsi que les heures supplémentaires sont devenues une réalité régulière dans de nombreuses entreprises belges.
L’enquête a été menée entre le 28 janvier et le 9 février 2026 auprès de 1.000 employés belges francophones.