Rudy Aernoudt (2/2) : « Il faut arrêter de dire que les réformes sont impossibles »
Fiscalité du travail, immigration ciblée, enseignement en recul, défense à reconstruire, intelligence artificielle: dans la seconde partie de notre entretien, Rudy Aernoudt détaille les réformes qu’il juge indispensables. Son message est clair: la Belgique a encore un potentiel considérable, mais elle doit cesser de subir ses blocages.
Publié par Nicolas de Pape
• Mis à jour le
Résumé de l'article
-Rudy Aernoudt appelle à des réformes profondes du travail, de l’indexation, de l’immigration, de l’enseignement et de la défense.
-Il défend une immigration choisie, une fiscalité moins punitive pour la classe moyenne et une politique de défense liée à l’industrie.
-Malgré son diagnostic dur, il refuse le fatalisme: la Belgique peut se redresser si elle cesse de croire les réformes impossibles.
Sommaire
- Indexation automatique : « Dès qu’on parle d’acquis automatique, on ne négocie plus vraiment »
- Immigration : passer d’une immigration subie à une immigration choisie
- Enseignement : « Le problème n’est pas le manque d’argent »
- Défense : « Il faut combiner politique industrielle et politique de défense »
- « La Belgique 2040 », ou l’espoir d’un redressement
- Quasi-faillite
21News : Vous écrivez que le travail n’est pas suffisamment encouragé en Belgique. Dès qu’un salarié dépasse un certain niveau de revenu (autour de 36.000 euros bruts), il est très vite taxé à 50%.
Rudy Aernoudt : Tout à fait. Imaginez un jeune de 25 ans qui fait une bonne carrière. Il reçoit une promotion de 500 euros brut. Il ne lui en reste pas la moitié. Comment voulez-vous convaincre ce jeune de rester en Belgique ?
Le célibataire belge est le célibataire le plus taxé du monde. Que peut-on lui conseiller ? De se marier ou de quitter le pays ? Ce n’est pas sérieux. Nous devons comprendre que nous ne pouvons plus continuer à étouffer le travail sous les charges et les taxes.
La Belgique est obsédée par l'égalité
21News : Vous dites aussi que l’écart net entre les personnes qui prennent des responsabilités et les autres devient trop faible.
Rudy Aernoudt : La Belgique est obsédée par l’égalité. Cela se voit dans le coefficient de Gini. Nous sommes l’un des pays les plus égalitaires d’Europe après redistribution. S’il y a bien une chose que l’État belge sait faire, c’est redistribuer.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter