Rudy Aernoudt (1/2) : « La Belgique est une entreprise en restructuration »
Dans son nouveau livre écrit en duo avec Peter De Keyzer, « Belgium 2040, de l’intertie à la stratégie » (Editions Mardaga), Rudy Aernoudt dresse un diagnostic sévère de l’État belge: trop cher, trop complexe, trop personnalisé, trop endetté.
Publié par Nicolas de Pape
• Mis à jour le
Résumé de l'article
-Rudy Aernoudt dresse un diagnostic sévère de l’État belge: particratie, personnalisation excessive du pouvoir, administration coûteuse et dette publique préoccupante.
-Il plaide pour un État plus sobre, plus efficace et moins fragmenté, en dénonçant le « spaghetti institutionnel » belge.
-Pour lui, la Belgique doit sortir de la logique communautaire et responsabiliser davantage citoyens, partis et pouvoirs publics.
L’économiste, aujourd’hui chef de cabinet de Georges-Louis Bouchez, refuse pourtant le fatalisme. Pour lui, la Belgique peut encore se redresser, à condition de s’inspirer des pays qui fonctionnent mieux et de rompre avec la particratie.
21News : Vous commencez votre livre par une critique de la particratie et du culte de la personnalité des présidents de partis. Vous connaissez bien le sujet, puisque vous conseillez Georges-Louis Bouchez. Quelle est, selon vous, la différence avec un pays comme la Suisse que vous citez en exemple ?
Rudy Aernoudt : En Belgique, tout est personnifié. On parle du « gouvernement Michel », du « gouvernement De Croo », comme si toute la politique devait s’incarner dans une personne. Les hommes et les femmes politiques sont presque obligés d’être tous les jours dans les médias, à la télévision, dans des formats plus légers, parfois même dans des émissions de divertissement. Ils doivent être visibles.
Je connais très bien un ministre suisse qui me disait : « Rudy, moi, je fais tout pour ne pas être dans la presse. » Parce qu’en Suisse, si un ministre est trop souvent dans les médias, les citoyens se disent : « Monsieur le ministre, vous n’avez donc rien d’autre à faire ? »
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