IPTV : la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Flandre renforcent leur lutte contre le piratage
Après le démantèlement d'un important réseau d'IPTV pirate, la Fédération Wallonie-Bruxelles relance sa campagne de sensibilisation et renforce sa coopération avec la Flandre. Au Parlement, la ministre Jacqueline Galant a détaillé les nouvelles pistes de lutte contre le piratage audiovisuel.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
L- a campagne #PlayFair contre l'IPTV illégale sera relancée après plusieurs mois de suspension.
- La Fédération Wallonie-Bruxelles et la Flandre renforcent leur coopération pour lutter contre les réseaux de piratage.
- La Belgique s'inspire des dispositifs européens tout en développant ses propres mécanismes de blocage des plateformes pirates.
Du nouveau dans a lutte contre les services d'IPTV illégaux. Interrogée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles par le député Olivier Maroy (MR), la ministre des Médias Jacqueline Galant (MR) a confirmé que la campagne de sensibilisation #PlayFair allait être relancée et que la coopération avec la Flandre se renforçait pour lutter contre un phénomène qui dépasse les frontières institutionnelles du pays.
Cette réponse intervient quelques semaines après le démantèlement d'un important réseau international d'IPTV pirate. L'opération, menée principalement par les autorités françaises, avait conduit à l'arrestation de onze personnes, dont trois en Belgique, et concernait une plateforme qui revendiquait près de 250.000 utilisateurs.
Olivier Maroy réclame un nouvel élan contre un « fléau »
Dans son intervention, le député Olivier Maroy a dressé un constat sans appel sur les conséquences du piratage audiovisuel. « Sans conteste, les services IPTV illégaux constituent un défi croissant pour l'ensemble du secteur audiovisuel et médiatique », souligne-t-il.
Le parlementaire estime que le phénomène « fragilise le financement de la création audiovisuelle », porte atteinte aux droits des producteurs, diffuseurs et détenteurs de droits sportifs, tout en exposant les utilisateurs à des risques de cybersécurité, de fraude et de vol de données personnelles.
Il a également interrogé la ministre sur plusieurs points : la relance de la campagne de sensibilisation du CSA, la coordination avec les autres niveaux de pouvoir, les échanges avec la ministre flamande des Médias et les bonnes pratiques développées ailleurs en Europe.
La campagne #PlayFair relancée
Jacqueline Galant a confirmé que la campagne de sensibilisation, suspendue pendant plusieurs mois, est désormais remise sur les rails. « Les travaux de relance sont bien en cours et la campagne qui consiste à la sensibilisation du public aux enjeux liés à l'IPTV et au streaming illégal, #PlayFair, est donc toujours d'actualité », a déclaré la ministre.
Selon elle, cette reprise est rendue possible après la conclusion d'un accord sur les droits de diffusion de la Jupiler Pro League.
Une réunion de coordination s'est tenue le 29 mai 2026 entre le CSA, DAZN, la Pro League et la Fédération des Cinémas de Belgique afin de confirmer la poursuite du projet. Le CSA s'est ensuite rapproché du SPF Économie pour définir le rôle des différents partenaires publics et préparer le calendrier de la campagne.
Une coopération renforcée entre la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles
L'un des principaux enseignements de la réponse ministérielle concerne la volonté d'agir de manière coordonnée entre les deux principales communautés du pays.
Jacqueline Galant a confirmé que le sujet avait bien été abordé avec son homologue flamande., Cieltje Van Achter (N-VA) « Il s'inscrit pleinement dans nos préoccupations communes, car les réseaux illégaux ne s'arrêtent évidemment pas aux frontières institutionnelles de notre pays. » La ministre va plus loin: «Nos cabinets se sont récemment rencontrés afin de travailler à une meilleure coordination des actions politiques qui pourraient être mises en place. »
Cette collaboration est présentée comme essentielle dans un domaine où les plateformes, les serveurs et les réseaux de diffusion opèrent à l'échelle internationale.
Ce qui est déjà en place en Belgique
Ces derniers mois, la Belgique a déjà renforcé son arsenal contre le piratage audiovisuel.
En 2025, DAZN a obtenu devant la justice belge les premières décisions permettant le blocage dynamique de plateformes IPTV illégales, y compris de sites miroirs qui réapparaissent sous d'autres adresses internet. Cette procédure implique notamment les fournisseurs d'accès internet afin de rendre les plateformes inaccessibles aux internautes belges.
La ministre rappelle également que le tribunal de l'entreprise de Bruxelles peut déjà ordonner des mesures d'urgence de blocage, avec l'appui d'un service spécialisé du SPF Économie chargé d'en assurer l'exécution.
La Belgique s'inspire aussi de ses voisins européens
Jacqueline Galant souligne que plusieurs initiatives européennes servent désormais de référence.
La Commission européenne recommande notamment un traitement plus rapide des signalements, des mécanismes de blocage plus réactifs ainsi qu'une coopération accrue entre ayants droit, plateformes techniques et autorités publiques.
La ministre cite également deux exemples étrangers :
- en France, l'Arcom dispose de mécanismes permettant de bloquer rapidement les sites miroirs liés aux événements sportifs ;
- en Italie, la plateforme Piracy Shield permet un blocage automatisé particulièrement rapide des flux illicites.
Tout en regardant ces modèles avec intérêt, Jacqueline Galant insiste néanmoins sur la nécessité de préserver un équilibre.
« L'objectif doit être d'agir plus vite et plus efficacement contre les réseaux illégaux, sans créer de risques de blocage excessif ou d'atteinte à des services parfaitement légitimes. Toute réponse doit donc rester proportionnée, juridiquement solide et respectueuse des droits fondamentaux. »