Israël et sept pays arabes réunis secrètement par les États-Unis en Allemagne
Les chefs militaires d’Israël, de l’Arabie saoudite et de six autres pays arabes ont participé à une réunion organisée par le Centcom. Au menu : la guerre contre l’Iran, la sécurité maritime et la menace croissante des Houthis.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
Selon diverses sources, réunis discrètement en Allemagne par le Centcom, les chefs militaires d’Israël et de sept pays arabes ont discuté de la guerre contre l’Iran, de la sécurité maritime et de la menace croissante des Houthis, tandis qu’une coopération israélo-saoudienne en matière de renseignement et de surveillance serait à l’étude sous l’égide américaine.
La rencontre n’avait fait l’objet d’aucune annonce officielle. La semaine dernière, les plus hauts responsables militaires d’Israël et de sept pays arabes se sont réunis en Allemagne sous l’égide des États-Unis, selon Axios, dont les informations ont été relayées par la chaîne israélienne N12.
Autour de la table figuraient les chefs d’état-major d’Israël, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Koweït, du Qatar, de Jordanie et d’Égypte. Le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël.
Une réunion confirmée par le Centcom
La rencontre a été organisée par l’amiral Brad Cooper, commandant du Centcom, le commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient. Celui-ci a confirmé avoir accueilli « de hauts responsables militaires de huit pays » lors d’une conférence programmée en Allemagne. Selon son porte-parole, le capitaine Tim Hawkins, les participants ont examiné les possibilités de renforcer la coopération sécuritaire au Moyen-Orient.
Des réunions comparables s’étaient déjà tenues sous l’égide américaine. Celle-ci est toutefois la première depuis le début, plus de six mois auparavant, de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Depuis les accords d’Abraham conclus en 2020, la coopération militaire entre Israël et plusieurs États arabes s’est intensifiée, en particulier dans les domaines de la défense aérienne, de l’alerte antimissile et du renseignement. Le rattachement d’Israël au Centcom en 2021 a facilité ces échanges au sein d’une architecture régionale placée sous l’autorité américaine.
Washington veut rester présent dans la région
Lors de la réunion, Brad Cooper a assuré que les États-Unis ne prévoyaient pas de retirer leurs forces du Moyen-Orient malgré les attaques iraniennes contre leurs bases. Il a également présenté le plan américain destiné à augmenter le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, a pour sa part exposé aux participants les opérations menées par Tsahal sur les différents fronts, selon un responsable israélien cité par Axios.
La menace des Houthis au cœur des discussions
La réunion s’est déroulée au moment où les Houthis, soutenus par l’Iran, intensifient leurs attaques contre l’Arabie saoudite et progressent sur la côte occidentale du Yémen. Le mouvement s’est emparé de plusieurs positions stratégiques, notamment du port de Mokha et de l’île de Périm, située dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Ces conquêtes renforcent considérablement sa capacité à menacer la navigation dans ce passage essentiel entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. Il convient toutefois de parler d’une emprise accrue plutôt que d’un contrôle incontesté de l’ensemble du détroit. Reuters rapporte que les Houthis contrôlent désormais des portions de la côte yéménite dominant Bab el-Mandeb et menacent les exportations pétrolières saoudiennes détournées du détroit d’Ormuz.
Une coopération israélo-saoudienne encore discrète
Selon une source informée citée par Axios, Israël et l’Arabie saoudite discutent, avec l’appui du Centcom, des moyens par lesquels l’État hébreu pourrait soutenir les opérations saoudiennes contre les Houthis. Cette assistance pourrait comprendre du renseignement ainsi que des capacités de surveillance et de reconnaissance en temps réel.
Le modèle envisagé serait celui de la coopération déjà mise en place avec les Émirats arabes unis. Des responsables israéliens affirment qu’Israël a déployé aux Émirats une batterie du système antimissile Dôme de fer, accompagnée du personnel chargé de la faire fonctionner. Israël aurait également fourni à Abou Dhabi une assistance en temps réel dans les domaines du renseignement et de la surveillance. Ces informations, rapportées par Axios, n’ont pas été confirmées publiquement par les autorités émiraties.