« J’ai cru qu’ils allaient me tuer » : l’académicien Jean-Christophe Rufin sauvagement agressé à Bourges
Nez cassé, crâne ouvert, multiples hématomes : l’écrivain et académicien Jean-Christophe Rufin, 74 ans, affirme avoir été roué de coups par trois hommes devant son domicile à Bourges. Il avait simplement voulu faire cesser des nuisances nocturnes. Une enquête a été ouverte et un suspect placé en garde à vue.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L'académicien Jean-Christophe Rufin, 74 ans, affirme avoir été roué de coups à Bourges après avoir dénoncé du tapage nocturne. Un suspect a été placé en garde à vue.
Il voulait seulement retrouver un peu de tranquillité devant chez lui. Jean-Christophe Rufin, écrivain, diplomate et membre de l’Académie française, a terminé sa soirée à l’hôpital, le visage tuméfié, le nez fracturé et le crâne recousu. À 74 ans, l’auteur de Rouge Brésil, prix Goncourt 2001, affirme avoir subi une agression d’une extrême violence dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 octobre, en plein centre de Bourges.
Interrogé par France 3 Centre-Val de Loire, l’académicien raconte avoir été attaqué par trois hommes après être sorti de son domicile pour protester contre des nuisances sonores. « J’ai cru qu’ils allaient me tuer », confie-t-il.
Une simple demande de tranquillité qui tourne au passage à tabac
Depuis environ trois semaines, selon son témoignage, Jean-Christophe Rufin subissait les nuisances provenant d’un logement voisin loué sur Airbnb. Fêtes nocturnes, alcool et tapage jusqu’aux premières heures du matin auraient rendu le quotidien difficile.
Jeudi soir, vers minuit, un automobiliste serait arrivé devant l’immeuble et aurait klaxonné à répétition. L’écrivain évoque une trentaine de coups de klaxon.
Il décide alors de descendre pour photographier la plaque d’immatriculation du véhicule, dans l’intention de transmettre les informations à la police, et demander aux occupants de faire moins de bruit. La situation dégénère immédiatement.
« Ils sont sortis de la voiture et m’ont fait tomber par terre », explique-t-il à France 3.
Les trois individus se seraient alors acharnés sur lui, lui portant plusieurs coups de pied à la tête. L’un d’eux lui aurait également brisé une bouteille de rhum sur le crâne. « J’ai peut-être reçu cinq ou six coups de pied, mais très, très fort. Ils reprenaient même leur élan, c’était vraiment une boucherie. »
L’agression aurait pu se poursuivre sans l’intervention de sa femme, témoin de la scène depuis leur domicile, et l’arrivée d’autres personnes qui auraient provoqué la fuite des assaillants.
Le nez cassé, le crâne recousu
Transporté au centre hospitalier Jacques-Cœur de Bourges, Jean-Christophe Rufin a reçu plusieurs points de suture au crâne. Les médecins ont également constaté une fracture du nez et de nombreux hématomes.
L’écrivain a indiqué avoir été examiné par un médecin légiste afin d’évaluer les conséquences de ses blessures. Des examens complémentaires pourraient encore être nécessaires.
Les trois hommes ont pris la fuite en voiture. Le téléphone portable de la victime aurait également été dérobé au cours de l’agression.
Une plainte a été déposée et le parquet de Bourges a ouvert une enquête pour violences volontaires en réunion avec arme. Selon les informations communiquées par France 3, un suspect a été placé en garde à vue vendredi soir, notamment grâce à l'exploitation d'images de vidéosurveillance. À ce stade, les responsabilités pénales individuelles restent à établir.
« Il y a vraiment un problème de sécurité »
Au-delà de sa propre agression, Jean-Christophe Rufin entend attirer l’attention sur la question de la sécurité quotidienne. « Je veux montrer qu’il y a vraiment un problème de sécurité en ce moment, et j’aimerais que ça serve à sensibiliser là-dessus, sur ces risques », déclare-t-il.
Le témoignage est d’autant plus frappant qu’il émane d’un homme dont la carrière s’est déroulée en partie dans des régions du monde confrontées à la guerre et aux crises humanitaires. Ancien président d’Action contre la faim et diplomate, Jean-Christophe Rufin a consacré une part importante de sa vie à ces questions.
Cette fois, c’est devant son propre domicile, dans une ville française, qu’il affirme avoir été victime de violences particulièrement brutales. L’affaire pose une question simple : comment une demande de tranquillité, formulée au pied de son immeuble, peut-elle déboucher sur un passage à tabac d’une telle gravité ?
L’enquête devra déterminer précisément les circonstances de l’agression et identifier l’ensemble de ses auteurs présumés. Mais les blessures de l’académicien et son témoignage donnent déjà à cette affaire une résonance qui dépasse largement le cadre d’un différend de voisinage.