Japon : Une femme de 39 ans étranglée et tuée à Okinawa, un marine américain de 20 ans arrêté
À Okinawa, la police a arrêté un marine américain soupçonné d’avoir tué par strangulation et volé une femme de 39 ans. Tokyo exige une coopération maximale des États-Unis. L’affaire ravive les tensions autour des bases américaines.
Publié par A JS
Résumé de l'article
La mort d’une habitante de Naha entraîne une protestation diplomatique japonaise après l’arrestation d’un marine américain. L’affaire relance les critiques contre la discipline des troupes et la concentration des bases à Okinawa. Washington et le Corps des Marines assurent coopérer avec les enquêteurs.
La police japonaise a annoncé dimanche 4 octobre l’arrestation d’un marine américain de 20 ans à Okinawa. Elle le soupçonne d’avoir tué une habitante dans un hôtel de Naha, la capitale préfectorale. Les faits remontent aux premières heures du samedi 3 octobre, d'après l'agence Kyodo.
Le militaire, Devin Jacob Ballard, sert à la base aérienne de Futenma. Selon la police, il aurait tué Anna Yagi, 39 ans, puis emporté son portefeuille et son sac à dos. Il nie les accusations.
Les enquêteurs ont retrouvé le corps de la victime dans sa chambre d’hôtel. Selon la police, les premiers éléments évoquent une mort par strangulation. Les caméras de surveillance montrent le suspect entrant dans l’établissement avec la victime, puis repartant seul. Un policier japonais l’a repéré samedi soir dans le quartier des divertissements de Naha et l'a interpellé.
À Okinawa, une présence militaire américaine contestée
Cette affaire touche une île où les bases américaines alimentent depuis longtemps les tensions. Les habitants dénoncent notamment le bruit, la pollution et les infractions impliquant des militaires.
Environ 50.000 soldats américains stationnent au Japon dans le cadre de l’alliance bilatérale. Okinawa en accueille près de la moitié. L’île occupe une place stratégique face aux tensions croissantes avec la Chine.
Le gouvernement japonais renforce aussi ses moyens militaires dans le sud-ouest de l’archipel. Ces choix accentuent les désaccords entre Tokyo et les autorités locales sur la présence des forces armées. La base de Futenma concentre une partie des critiques, elle occupe une zone densément peuplée, et son transfert vers Henoko suscite une opposition persistante. Le chantier du nouveau site a accumulé d’importants retards.
Les affaires criminelles entretiennent également cette défiance. En 1995, trois militaires américains avaient violé une fillette de 12 ans. Ce crime avait déclenché des manifestations massives. Selon la police préfectorale, les arrestations concernant des militaires américains et leurs familles ont dépassé la centaine l’an dernier. Les agressions sexuelles et certaines révélations tardives ont aussi nourri la colère locale.
Tokyo proteste auprès de Washington
La Première ministre Sanae Takaichi a annoncé une protestation ferme auprès des États-Unis. Elle réclame leur coopération maximale avec les enquêteurs japonais. La cheffe du gouvernement demande également une discipline plus stricte parmi les militaires américains. Elle exige des mesures pour prévenir de nouveaux incidents.
Le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a convoqué l’ambassadeur américain George Glass. Selon le ministère, il lui a exprimé son indignation face à cette affaire. À Okinawa, le nouveau gouverneur Genta Koja dénonce un choc supplémentaire pour les habitants vivant près des bases. Il juge inefficaces les efforts américains en matière de discipline et de formation.
Les autorités américaines promettent leur coopération
George Glass a présenté ses condoléances à la famille de la victime. L’ambassadeur assure que les États-Unis coopèrent avec les autorités japonaises, nationales comme locales.
Le Corps des Marines confirme l’affectation du suspect à la IIIe Force expéditionnaire des Marines, basée à Okinawa et indique coopérer pleinement avec les enquêteurs.
L’institution militaire affirme prendre ces accusations très au sérieux et rappelle les exigences de comportement imposées à chaque marine. L’enquête japonaise doit désormais établir les circonstances de la mort et les responsabilités.