« Je ne veux pas assumer pour les gamins des autres » : Lisnard veut faire payer les familles des casseurs
David Lisnard propose de faire supporter aux familles le coût des dégradations commises par leurs enfants mineurs. Sur BFMTV, le maire de Cannes estime que lorsque les parents ne sont pas solvables, les aides dont bénéficie le foyer, y compris le logement social, devraient pouvoir être réduites.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Face aux violences dans les lycées, David Lisnard veut faire payer les familles des mineurs responsables de dégradations. Si elles ne sont pas solvables, le maire de Cannes propose de réduire certaines aides et évoque même le logement social.
« Je veux bien assumer pour mes gamins, mais je ne veux pas assumer pour les gamins des autres comme contribuable, quand ils font brûler un lycée. »
Invité en duplex sur BFMTV à réagir aux violences qui accompagnent le mouvement de blocage des lycées, David Lisnard a défendu une réponse fondée sur la responsabilité financière des auteurs et de leurs familles.
Le maire de Cannes pose une alternative : soit la justice considère que les mineurs doivent répondre davantage de leurs actes, ce qui suppose selon lui de revoir leur responsabilité pénale ; soit leur âge justifie une responsabilité pénale limitée et ce sont alors leurs parents qui doivent assumer les conséquences financières des dégradations.
Lisnard dit les termes sur les violences lycéennes.
— Sir 𝕏 (@SirAfuera) October 3, 2026
"Il faut toujours qu’il y ait une responsabilité individuelle. Il est stupide de sponsoriser par du logement social et des aides sociales des gens qui dégradent et attaquent la société."
Le bon sens. pic.twitter.com/3Q5oSVVhUF
« Soit les parents sont solvables et ils payent »
« Soit les parents sont solvables et ils payent pour les dégâts de leur gamin, en plus des procédures pénales contre les enfants, soit ils ne sont pas solvables », explique David Lisnard.
C'est dans ce deuxième cas que le président de l'Association des maires de France avance sa proposition la plus radicale.
Il juge « stupide » que la collectivité continue, selon ses termes, à « payer par du logement social, par des aides sociales des personnes qui dégradent et qui attaquent la société ».
Interrogé directement par BFMTV pour savoir s'il souhaitait donc « s'attaquer au logement social » lorsque les familles ne sont pas solvables, David Lisnard répond sans ambiguïté : « Bah oui, oui. »
« Soit on est solvable, on paye. Si on n'est pas solvable, eh bien on a moins d'aides à proportion de ce que l'on doit donner », poursuit-il, présentant cette mesure comme « extrêmement juste et absolument salutaire ».
Des « centres fermés disciplinaires » pour certains mineurs
Le maire de Cannes souhaite parallèlement revoir la réponse pénale apportée aux mineurs auteurs de violences. « Il faut toujours qu'il y ait une responsabilité individuelle », insiste-t-il.
Il propose notamment de placer certains jeunes dans des « centres fermés disciplinaires », avec un double objectif : « protéger la société et protéger les gamins et les remettre dans un cadre disciplinaire ».
Ces déclarations interviennent après plusieurs journées de mobilisation marquées par de nombreuses dégradations et affrontements. Vendredi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez faisait état de plus de 5.000 interpellations depuis le début de la semaine et de « violences urbaines » autour de 158 établissements pour la seule journée de vendredi. Il précisait que 85 % des personnes interpellées étaient mineures.
« La figure du professeur devrait être sacrée »
David Lisnard insiste enfin sur les agressions subies par les personnels de l'Éducation nationale. « Vous vous rendez compte que quarante proviseurs ont été agressés, qu'on touche à des professeurs », déplore-t-il.
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a effectivement fait état vendredi de 65 membres du personnel blessés, parmi lesquels 40 proviseurs. Une centaine de lycées avaient également été dégradés, selon son bilan.
« La figure du professeur devrait être sacrée, estime David Lisnard. Qu'on soit d'accord ou pas avec lui, on ne peut pas s'attaquer physiquement à un professeur. Ce n'est pas possible. »
Pour le maire de Cannes, les violences actuelles sont le résultat d'une « multitude de facteurs », au premier rang desquels il place une « perte d'autorité de l'État ».