Julien Moinil sur le parlement Bruxellois « Le niveau de compétence et d’intégrité laisse pantois. »
Pour Julien Moinil, le niveau au sein du parlement bruxellois laisse à désirer. Il raconte notamment l'anecdote d'un député bruxellois qui l'appelle pour essayer de libérer une de ses connaissances.
Publié par J.PE
Le Procureur du Roi à Bruxelles, Julien Moinil, est en plein actualité depuis plusieurs mois. Il doit notamment gérer le problème de drogue et de fusillade à Bruxelles. Il s’étonne notamment cependant du niveau très faible de certains députés du parlement bruxellois.
Dans une déclaration au journal Le Soir il déclare notamment : « Il y a des personnes engagés et il ne faut pas généraliser mais il y a parfois un niveau de compétence au sein du parlement bruxellois qui interpelle. Un niveau de compétence et avec comme corollaire un niveau d’intégrité qui laisse pantois. Par exemple, mon téléphone sonne et c’est un député bruxellois. Il me dit, je connais une personne en prison. Vous ne pourriez pas le libérer ? »
Le député Olivier Willocx a réagi sur Linkedin aux propos du Procureur : « Prenons une seconde pour mesurer ce que ça veut dire. Des élus, des gens qui votent les lois, qui décrochent leur téléphone pour demander au magistrat chargé de les appliquer de faire une exception pour un ami, un électeur, une connaissance. Pas un lobby étranger. Pas une mafia. Des collègues.. Dans la même soirée, Moinil constate que la corruption « s'étend dans nos institutions » et qu'elle monte du niveau local aux plus hautes sphères de l'État. On comprend mieux pourquoi. Quand un mandat électif devient un passe-droit, la frontière avec la corruption n'est plus une question de principe, c'est une question de degré. Je siège au Parlement bruxellois. Je n'ai pas l'intention de faire semblant de découvrir que cette culture existe. Elle existe. Elle se nourrit du silence de ceux qui la voient et qui se taisent parce qu'un jour, peut-être, ils auront eux aussi un service à demander. Ce que je demande est simple : que chaque assemblée, la nôtre comprise, dise clairement qu'un élu qui téléphone à un magistrat pour intervenir dans un dossier individuel commet une faute, et qu'elle en tire les conséquences. Pas une charte. Pas un groupe de travail. Une sanction. Le procureur a eu le courage de le dire publiquement. Le minimum serait de ne pas le laisser seul. »
Autre son de cloche du côté des écolos. Si le procureur "estime, pour des raisons qui lui appartiennent, ne pas pouvoir ou ne pas devoir révéler de noms, alors je lui demande à tout le moins de lever explicitement le soupçon qui pèse désormais sur ceux qui ne sont pas concernés, à commencer par mon groupe : si aucun député Ecolo n'est concerné, qu'il le dise clairement", poursuit la cheffe de groupe Zakia Khattabi.