Jusqu’à 75.000 euros de prêt : voici le nouveau système d’aides à la rénovation en Wallonie
Le Gouvernement wallon a dévoilé ce jeudi les contours de sa réforme du soutien à la rénovation énergétique. Exit les 120 primes différentes : place à un système unique de prêt aidé, ciblant en priorité les logements les plus énergivores.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Les 120 primes rénovation seront remplacées par un système unique de prêts aidés à partir du 1er octobre 2026.
- L’aide sera réservée aux rénovations permettant un véritable saut de performance énergétique, avec priorité aux logements classés F et G.
- Le montant maximal empruntable passe à 75.000 euros pour les maisons unifamiliales, avec des conditions spécifiques pour les copropriétés.
Le constat de départ était sans appel : multiplication des dispositifs, délais de traitement atteignant deux ans et dérapage budgétaire d'un milliard d'euros. Le précédent système de primes menaçait sa propre pérennité.
Après une phase transitoire destinée à éviter un arrêt brutal des aides, le Gouvernement wallon a approuvé un nouveau régime qui entrera en vigueur le 1er octobre 2026. Son ambition : éradiquer les passoires énergétiques tout en garantissant la soutenabilité financière du dispositif.
Un soutien réservé aux rénovations d'ampleur
Le nouveau système impose désormais un « saut de label » pour bénéficier de l'aide régionale :
| Situation de départ | Objectif minimum à atteindre |
|---|---|
| Label PEB G ou F | Label D (≤ 340 kWh/m².an) |
| Label PEB E | Label C (≤ 255 kWh/m².an) |
Cette approche vise à maximiser l'impact de chaque euro public investi en ciblant les projets de rénovation les plus significatifs.
Un seul outil : le prêt
Fini les 120 primes distinctes. L'aide régionale reposera sur deux formules de prêt :
- Le Rénopack : un prêt à taux zéro assorti d'une réduction du montant à rembourser, destiné aux ménages des catégories C1, C2 et C3.
- Le Rénoprêt : un prêt à taux préférentiel pour les ménages C4, les propriétaires-bailleurs et les copropriétés.
Barème des aides selon les revenus
| Catégorie | Revenus annuels | Taux | Réduction du montant à rembourser |
|---|---|---|---|
| C1 | Jusqu'à 28.900 € | 0 % | 50 % |
| C2 | De 28.900,01 € à 41.100 € | 0 % | 40 % |
| C3 | De 41.100,01 € à 67.100 € | 0 % | 15 % |
| C4 | De 67.100,01 € à 122.800 € | Variable | 0 % |
° Montants indexés au 1er janvier 2026. Une réduction de 5.000 € par personne à charge est appliquée aux revenus imposables. Une majoration de 5 % est prévue pour l'utilisation d'écomatériaux.
Le montant empruntable passe de 60.000 à 75.000 euros pour les maisons unifamiliales, afin de mieux refléter le coût réel des rénovations globales.
Des règles adaptées pour les copropriétés
Le nouveau régime tient compte des spécificités des immeubles à appartements :
- Parties privatives : jusqu'à 60.000 € par logement
- Parties communes : prêt à taux zéro pouvant atteindre 60.000 € par logement, avec un plafond de :
- 600.000 € pour les copropriétés de moins de 20 lots
- 750.000 € pour les copropriétés de 20 lots ou plus
Un audit obligatoire pour un parcours cohérent
Pour accéder aux prêts, les ménages devront réaliser un audit énergétique préalable. Celui-ci permettra d'identifier les travaux prioritaires et d'éviter les investissements contre-productifs. Son coût pourra être intégré au financement.
Pour les ménages C1, l'expertise énergétique réalisée lors de l'octroi du Rénopack pourra tenir lieu d'audit.
Vers un « parcours du rénovateur »
Le Gouvernement entend également structurer un accompagnement renforcé des ménages. Constat : les acteurs actuels (Guichets Énergie, Espaces Wallonie, Plateformes Locales de Rénovation Énergétique, SWCS, FLW, Réno+…) manquent de coordination.
Trois niveaux d'accompagnement seront progressivement déployés :
- Information et conseils
- Accompagnement personnalisé (préparation du projet, recherche de financement, démarches administratives)
- Prise en charge quasi complète, y compris le suivi des travaux
Le dispositif s'appuiera dès octobre 2026 sur les structures existantes. À partir du 1er janvier 2028, la future Agence wallonne de l'Habitation en assurera le pilotage.
Une enveloppe budgétaire fixée chaque année
Pour éviter les dérives passées, la Wallonie fixera désormais chaque année, dans le décret budgétaire, l'enveloppe consacrée à la rénovation énergétique. Ce mécanisme de monitoring vise à garantir la pérennité du régime. « Avec ce nouveau régime, nous concentrerons désormais les moyens publics là où ils produisent le plus d'impact, c'est-à-dire en priorité sur les passoires énergétiques, souligne Cécile Neven, Ministre de l'Énergie et du Logement. Nous simplifions également l'accès au soutien, nous renforçons l'aide aux ménages qui en ont le plus besoin et nous garantissons un cadre financièrement soutenable, permettant de continuer à accompagner durablement les citoyens dans leurs parcours de rénovation. Nous tournerons au passage la page d'un système de primes trop complexes, trop coûteuses et trop peu efficaces. »