Emploi, croissance, finances : les signaux redeviennent positifs en Wallonie
Les nouvelles perspectives économiques régionales publiées par l'IWEPS et ses partenaires tablent sur une amélioration progressive de la conjoncture wallonne dans les prochaines années. La croissance devrait se renforcer malgré un environnement international toujours marqué par de nombreuses incertitudes.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- L'IWEPS et ses partenaires anticipent une amélioration progressive de la conjoncture économique wallonne.
- La croissance devrait se renforcer dans les prochaines années malgré un contexte international incertain.
- L'emploi et les investissements devraient également bénéficier de cette reprise graduelle.
Après un net ralentissement depuis 2024, l'économie wallonne devrait connaître une embellie à partir de 2028. Cette année et l'année prochaine, la croissance du PIB resterait limitée à 0,8 %, avant de se redresser pour atteindre une moyenne annuelle de 1,1 % sur la période 2027-2031.
Ce rebond serait principalement porté par :
- une reprise de la consommation des ménages, favorisée par un ralentissement progressif de l'inflation ;
- un contexte plus favorable aux échanges commerciaux à l'échelle internationale.
La Wallonie reste toutefois en retrait par rapport à la Flandre, où la croissance atteindrait 1,4 % en moyenne annuelle sur la même période, tirée par une consommation privée plus dynamique et un secteur des services marchands particulièrement porteur. Bruxelles, de son côté, afficherait une progression plus modeste de 0,8 %.
L'emploi en nette progression
Le marché du travail wallon devrait connaître une amélioration significative à partir de 2027. L'emploi intérieur progresserait alors de 0,9 % par an en moyenne jusqu'en 2031, un rythme identique à celui de l'emploi des résidents wallons.
Le fait marquant de ces projections réside dans la hausse attendue du taux d'emploi. La Wallonie enregistrerait le gain le plus important des trois régions : +2,4 points de pourcentage en six ans, pour atteindre 70,4 % en 2031. À titre de comparaison, ce taux s'établirait à 79,0 % en Flandre et à 65,6 % à Bruxelles.
Cette évolution s'explique notamment par un affaiblissement des mouvements de navettes vers Bruxelles et par les effets des mesures fédérales visant à stimuler l'offre de travail.
Des finances publiques qui s'améliorent, mais des déficits persistants
Sur le plan budgétaire, les perspectives s'éclaircissent progressivement pour les entités fédérées. La Région wallonne verrait son déficit se stabiliser à 1,6 milliard d'euros à partir de 2029, après une amélioration sensible dès 2026.
| Entité | Déficit prévu en 2029 |
|---|---|
| Région wallonne | 1,6 milliard € |
| Communauté française | 1,2 milliard € |
| Région de Bruxelles-Capitale | 0,8 milliard € |
| Communauté flamande | ≈ 2 milliards € |
Les finances flamandes, quant à elles, s'approcheraient de l'équilibre en 2027 avant de se détériorer à nouveau les années suivantes, sous l'effet notamment de la hausse des charges d'intérêts et de nouvelles dépenses sociales.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance économique : reprise graduelle dans les trois régions, avec un avantage structurel pour la Flandre.
- Emploi : accélération des créations de postes à partir de 2027 et hausse généralisée des taux d'emploi.
- Wallonie : progression du taux d'emploi la plus marquée du pays (+2,4 points en six ans).
- Finances publiques : amélioration progressive, mais des déficits qui demeurent significatifs à l'horizon 2031.