Kim Jong-un met en scène son arsenal KN-25 et défie Séoul et Washington
La Corée du Nord a procédé à un nouvel exercice de lancement de roquettes de 600 mm présentées comme des armes « à la pointe de la technologie », alors que les tensions montent avec Séoul et Washington.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Kim Jong-un supervise un exercice militaire le lancement de roquettes KN-25.
Kim Jong-un, qui a supervisé l’exercice en présence de son état-major et de sa fille Ju-æ, a déclaré que le système KN-25 possédait la capacité de frapper avec précision l’essentiel du territoire sud-coréen. Le régime cherche à la fois à renforcer sa position de dissuasion nucléaire et à attirer l'attention internationale, alors que la guerre au Moyen-Orient domine les discussions mondiales.
Durant cet exercice militaire, douze lanceurs de roquettes multiples de 600 mm et deux compagnies d'artillerie ont participé. L’exercice s’est déroulé à l'ouest du pays et a été rapporté par l'agence officielle KCNA.
Les roquettes ont atteint avec précision une cible insulaire dans la mer de l'Est, à environ 364 kilomètres, Pyongyang a revendiqué une capacité de frappe concentrée à haute puissance destructrice.
Selon les autorités nord-coréennes, ce système, présenté en février comme unique au monde, peut emporter des ogives conventionnelles de 300 à 500 kilos ou une ogive nucléaire Hwasan-31 et serait capable d'atteindre avec précision des objectifs situés à plus de 360 kilomètres, avec un rayon de précision d'environ 80 à 90 mètres.
Kim Jong-un a qualifié cette arme de très meurtrière. Il a affirmé qu’elle n’a aucune concurrence dans la catégorie des armes tactiques, et qu’elle pourrait détruire toute infrastructure militaire ennemie dans son rayon d’action en cas d’utilisation.
Ce système, connu sous le nom de KN-25 en Occident, est un hybride entre un missile balistique court rayon d’action et un lance-roquettes multiple. D'un diamètre de 600 millimètres, d'une longueur d'environ huit mètres et d'un poids de trois tonnes, il suit une trajectoire balistique contrôlée, avec une portée opérationnelle de l'ordre de 380 kilomètres, ce qui lui permet de couvrir la quasi-totalité de la Corée du Sud depuis le Nord.
En mars 2023, Pyongyang avait confirmé sa capacité à équiper l'ogive nucléaire Hwasan-31, ce qui a renforcé son caractère tactique. En février, l’armée a reçu cinquante nouveaux lanceurs à cinq tubes lors d’une cérémonie présidée par Kim Jong-un, ce qui témoigne d’une production en série accélérée depuis 2023.
L'exercice s'est déroulé alors que la Corée du Sud et les États-Unis conduisent leurs manœuvres conjointes annuelles mobilisant quelque 18.000 soldats sud-coréens et des troupes américaines, ce jusqu'au 19 mars.
La Corée du Sud a annoncé avoir détecté vers 13 h 20 (4 h 20 GMT) une dizaine de missiles balistiques non identifiés tirés depuis la région de Sunan, près de Pyongyang et se dirigeant vers la mer de l’Est sur une distance d’environ 350 à 364 kilomètres.
La présidence sud-coréenne a exigé que le Nord mette fin immédiatement à ces activités. La sœur influente du dirigeant, Kim Yo Jong, avait auparavant menacé de « conséquences terribles et inimaginables » en cas de poursuite de ces exercices alliés.
Pyongyang présente ces tirs comme un exercice de routine destiné à vérifier et renforcer ses capacités défensives, appelé à être répété fréquemment. Kim Jong-un insiste sur une doctrine visant, selon lui, à garantir une paix durable par la dissuasion plutôt que par l'agression, tout en soulignant qu'un large éventail de cibles ennemies se trouve désormais dans un rayon de frappe d'environ 420 kilomètres.
Dans le même temps, la Corée du Nord multiplie les signaux de militarisation, notamment en testant un destroyer pour démontrer l'armement nucléaire de sa marine. Ces manifestations s'inscrivent dans une stratégie de provocation à répétition, interprétée par des analystes comme une façon de ramener la question nord-coréenne au centre des préoccupations internationales.
Sur le plan diplomatique, ces essais interviennent alors que Washington tente depuis des mois de relancer des discussions de haut niveau avec Pyongyang pour démanteler son programme nucléaire, après des décennies de sommets et de sanctions peu concluantes.
Le Premier ministre sud-coréen Kim Min-seok a rapporté, lors d'une visite aux États-Unis, que le président américain Donald Trump jugeait « une bonne chose » une rencontre avec Kim Jong-un, envisageable lors d'un déplacement prévu en Chine fin mars-début avril, ou ultérieurement.
Après avoir ignoré ces signaux d'ouverture en février, le dirigeant nord-coréen a laissé entendre fin qu'un accord restait possible si Washington acceptait le statut de puissance nucléaire de Pyongyang. Le Nord a cependant récemment rejeté les efforts de paix venus du Sud, allié clé des États-Unis, en les qualifiant de « farce trompeuse maladroite ».