La moitié des Belges possède moins de 287.000 euros : ce que révèlent les nouveaux chiffres de la BNB
Les ménages belges possèdent en moyenne 610.000 euros de patrimoine net, mais la médiane n’est que de 287.000 euros. Pour entrer dans les 10 % les plus riches du pays, il faut désormais posséder au moins 1,16 million d’euros.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le patrimoine net médian d’un ménage belge atteint 287.000 euros.
- Il faut 1,16 million d’euros pour appartenir aux 10 % les plus fortunés.
- Les 10 % les plus riches possèdent 54,4 % du patrimoine total, contre 7,7 % pour la moitié la moins fortunée.
Les Belges sont riches, du moins sur le papier. Le patrimoine net médian d’un ménage atteint désormais 287.000 euros. Mais les écarts restent considérables : pour entrer dans le club des 10 % les plus fortunés du pays, il faut posséder au moins 1,16 million d’euros.
3.145 milliards d’euros de patrimoine
Les ménages belges disposaient ensemble d’un patrimoine net de 3.145 milliards d’euros au premier trimestre 2026, selon les nouvelles statistiques de la Banque nationale de Belgique (BNB). Ce patrimoine net correspond à l’ensemble des actifs financiers et immobiliers détenus par les ménages, dont sont retranchées leurs dettes.
Le patrimoine moyen atteint ainsi 610.000 euros par ménage. Un chiffre impressionnant, mais à prendre avec précaution : les patrimoines très élevés tirent fortement cette moyenne vers le haut.
Le patrimoine médian donne dès lors une image plus représentative de la situation : il s’élève à 287.000 euros. Autrement dit, la moitié des ménages belges possède un patrimoine net supérieur à cette somme et l’autre moitié un patrimoine inférieur.
La BNB rappelle que les statistiques de patrimoine combinent notamment données macroéconomiques et informations issues d’enquêtes auprès des ménages.
1,16 million pour entrer dans le top 10 %
La richesse est cependant loin d’être répartie uniformément. Les 10 % des ménages les plus fortunés possèdent 54,4 % de l’ensemble du patrimoine net belge. Pour appartenir à ce groupe, il faut disposer d’un patrimoine net d’au moins 1,16 million d’euros.
À l’autre extrémité, les 50 % des ménages les moins fortunés ne possèdent ensemble que 7,7 % du patrimoine.
La part détenue par les 10 % les plus riches a certes reculé de 1,1 point par rapport à la précédente publication. Mais la BNB a entre-temps révisé ses séries historiques sur la base de nouvelles données. Sur les deux dernières années, la part du top 10 % apparaît finalement relativement stable.
Autre indicateur : le coefficient de Gini, utilisé pour mesurer les inégalités, atteint 68,8 %, contre 68,5 % lors de la précédente estimation. Plus ce coefficient est élevé, plus la répartition du patrimoine est inégale. La légère baisse de la part détenue par le top 10 % ne signifie donc pas nécessairement que les écarts de patrimoine se réduisent.
Les Belges plus riches que la moyenne européenne
Malgré ces écarts importants, la Belgique se distingue favorablement lorsqu’elle est comparée à l’ensemble de la zone euro.
Le patrimoine moyen des ménages belges, 610.000 euros, est nettement supérieur aux 421.000 euros observés dans la zone euro. L’écart est encore plus spectaculaire lorsqu’on regarde la médiane : 287.000 euros en Belgique contre environ 150.000 euros dans la zone euro.
La concentration des richesses est également moins importante chez nous. Dans la zone euro, les 10 % les plus fortunés détiennent 57,8 % du patrimoine, contre 54,4 % en Belgique. Le coefficient de Gini y atteint également 73,1 %, contre 68,8 % chez nous.
La BNB avait déjà souligné dans ses travaux précédents que les ménages belges disposaient d'un patrimoine élevé en comparaison internationale, l'immobilier constituant une composante particulièrement importante de cette richesse.
Des chiffres qui alimentent le débat politique
Ces statistiques tombent en plein débat sur le budget fédéral et sur une éventuelle contribution supplémentaire des patrimoines les plus élevés.
Vooruit et Les Engagés défendent le principe d’une contribution accrue des ménages les plus aisés. Vooruit propose notamment une contribution de 0,3 % sur le patrimoine dépassant un million d’euros, avec une exonération de l’habitation propre.
Les nouvelles données de la Banque nationale apportent ainsi des éléments chiffrés à un débat appelé à rester sensible : les ménages belges sont globalement plus riches que la moyenne de la zone euro, mais plus de la moitié de leur patrimoine reste concentrée entre les mains des 10 % les plus fortunés.