« La République islamique d’Iran a transformé sa défaite en victoire »
Publié par Nicolas de Pape
Sommaire
Hanieh Ziaei, politologue et spécialiste du monde iranien, chercheuse associée à l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à la chaire Raoul-Dandurand (UQAM), basée désormais en Belgique, explique la manière dont la République islamique d’Iran est retombée sur ses pattes. En jouant notamment la victimisation et… en s’attribuant la victoire lors de la “Guerre des 12 jours”. Le renversement du régime, un temps envisagé, s’éloigne et la répression fait rage contre les « traîtres ».
21News : J'avais lu une de vos contributions où vous expliquiez que l’Iran était « retombé sur ses pattes ». De quelle manière, en réalité ? Comment a-t-il fait ?
Hanieh Ziaei : Remettons-nous dans le contexte de la « Guerre des douze jours » (NDLR : menée par Israël et les États-Unis pour éviter que l’Iran ne se dote de la bombe nucléaire du 13 juin 2025 au 24 juin 2025). Ce qui a été intéressant, c’est que, contrairement à sa posture habituelle – le déni en cas de tension ou d’escalade –, la République islamique a cette fois assumé publiquement avoir été touchée et avoir subi des dégâts. Et, sur le plan stratégique, elle a renversé complètement la situation.
« Le discours a changé : on a davantage insisté sur l’Iran comme « grande nation », beaucoup moins sur la République islamique. C’est une manière de rallier la population alors même qu’ils sont en perte de légitimité interne. »
21News : Comment ont-ils réussi ce renversement ?
H.Z. : Ils ont joué simultanément plusieurs cartes. D’abord la victimisation, un ressort politique qui fonctionne très bien. Ils ont affirmé que leurs ennemis de toujours – les États-Unis (le « grand Satan ») et Israël (le « petit Satan ») – les avaient agressés sur leur propre territoire. Ils se sont donc présentés comme les victimes, ce qui consolide leur rhétorique habituelle.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter