La start-up Bubble Robotics mise sur les robots autonomes sous-marins
Bubble Robotics veut installer une présence continue sous les mers. Avec ses robots autonomes, la jeune entreprise entend surveiller les infrastructures critiques, cartographier les fonds marins et industrialiser une activité encore très dépendante des navires et des plongeurs.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Bubble Robotics a levé 5 millions de dollars pour déployer ses robots sous-marins autonomes. La start-up veut surveiller en continu les infrastructures offshore, cartographier les fonds marins et répondre aux besoins de l'énergie, de la défense et du climat. Elle vise une mise sur le marché à l’horizon 2027.
Fondée en 2025 par d'anciens ingénieurs de la NASA et de l'ETH Zurich, Bubble Robotics a levé 5 millions de dollars en graine le 21 avril, auprès d'Asterion Ventures, de Norssken Evolve et d'Angel Invest.
La start-up, présente à Zurich, Paris et San Francisco, mise sur une plateforme de robotique sous-marine autonome capable de fonctionner pendant plusieurs mois sans intervention humaine.
Un modèle pensé pour durer
Son architecture repose sur des stations autonomes, baptisées BubbleDock, qui avancent à 6 nœuds, soit 11 km/h, et peuvent rester en mer plus de six mois. Elles servent de base de lancement à des robots sous-marins BubbleBot, pilotés à distance ou en autonomie, équipés de capteurs de vision et d'écoute acoustique, selon les besoins de la mission.
L'ensemble est relié à une plateforme d'analyse par intelligence artificielle, destinée à détecter les défauts et anomalies et à produire des jumeaux numériques haute résolution des environnements sous-marins. Bubble Robotics présente ce dispositif comme une réponse à la pénurie de main-d'œuvre dans l'offshore, qu'elle affecte à plus de 600.000 postes non pourvus d'ici à 2030.
Trois marchés cibles
- L'énergie, avec l'inspection continue des câbles, pipelines, fondations et turbines des installations offshore ;
- La défense, où ses systèmes doivent repérer des anomalies acoustiques, protéger des infrastructures sensibles et identifier des munitions non explosées ;
- Le climat, grâce à des capacités de cartographie benthique et de suivi des écosystèmes.
Bubble Robotics affirme pouvoir réduire les coûts jusqu'à 70% tout en renforçant la sécurité des opérations en mer.
Le modèle économique repose sur l'abonnement, selon une logique de Robotics-as-a-Service, sans que le client ait à gérer le matériel ni sa maintenance. La société dit disposer déjà de plus de 4 millions de dollars de promesses de vente dans l'éolien offshore, la sécurité maritime et les infrastructures sous-marines.
Une ambition à l'échelle industrielle
Cette levée doit servir à accélérer le développement, renforcer l'équipe d'ingénierie en Europe et aux États-Unis, puis déployer les premiers systèmes en conditions réelles. La start-up prévoit également une montée en puissance plus large, avec l'objectif d'installer une présence persistante en mer, sur le modèle d'une surveillance continue plutôt que d'interventions ponctuelles.
Un autre volet de son pari est industriel, l'entreprise entend structurer une production en France et vise une mise sur le marché à horizon 2027. Dans le même temps, elle veut s'appuyer sur des essais en mer avec l'Ifremer, une étape clé avant tout passage à grande échelle.
La startup est dans une course plus large à l'automatisation des océans, où la concurrence commence à s'organiser. Parmi les autres acteurs cités figure notamment la deeptech niçoise Cosma, qui développe des essais de drones pour cartographier les fonds marins.