La grève coûte au moins 15 millions d’euros à Bpost
Selon les résultats trimestriels de la maison-mère Bpost, la longue grève qui touche l’entreprise postale a déjà eu un impact d’au moins 15 millions d’euros sur le bénéfice d’exploitation. Le CEO Chris Peeters évoque des « circonstances difficiles », alors que le conflit social est loin d’être totalement réglé.
Publié par Vanille Dujardin
Résumé de l'article
La longue grève chez Bpost provoque des pertes de plusieurs millions d’euros, d’importants retards de livraison et met fortement sous pression les bénéfices du groupe postal.
La grève dure désormais depuis cinq semaines et tourne autour du plan de transformation de Bpost. Celui-ci prévoit notamment des horaires plus tardifs pour les facteurs, afin de permettre à l’entreprise de mieux s’adapter à la croissance du marché des colis et à la baisse du courrier papier. Selon la direction, ces réformes sont nécessaires pour rester compétitif dans un marché qui évolue rapidement.
Les syndicats restent pour l’instant prudents et rappellent qu’aucun accord définitif n’a encore été trouvé. Depuis cette semaine, la situation semble un peu plus calme, mais les discussions entre direction, syndicats et médiateurs sociaux reprennent aujourd’hui.
Plus de 16 millions de lettres en retard
Le conflit social a surtout laissé des traces en Wallonie et à Bruxelles. Selon Bpost, plus de 16 millions de lettres et près de 700.000 colis ont accumulé du retard. En parallèle, environ 3,2 millions de colis auraient été perdus au profit de concurrents.
L’impact financier direct de la grève est actuellement estimé à environ 15 millions d’euros. La maison-mère Bnode prend en compte les revenus perdus, les pénalités liées à la qualité du service ainsi que les coûts supplémentaires liés aux mesures d’urgence et au rattrapage des retards. Les conséquences indirectes à plus long terme n’ont pas encore été intégrées dans ce calcul.
L’impact le plus important devrait surtout se faire sentir au deuxième trimestre. Bnode avertit également que certains clients partis chez la concurrence pendant la grève pourraient ne jamais revenir.
Des bénéfices sous pression
Malgré cette situation compliquée, Bnode maintient pour l’instant ses prévisions de bénéfices pour 2026. Le groupe vise toujours un bénéfice d’exploitation ajusté compris entre 165 et 195 millions d’euros, même s’il s’attend désormais à se situer plutôt dans le bas de cette fourchette.
Au premier trimestre, Bnode a enregistré un chiffre d’affaires de 1,06 milliard d’euros, soit une baisse de 5 % par rapport à la même période l’an dernier. Le bénéfice d’exploitation ajusté a chuté d’un cinquième pour atteindre 33,2 millions d’euros. Le groupe est également resté sous les attentes des analystes.
Chez Bpost, le chiffre d’affaires a reculé d’un peu plus de 3 % à 547,6 millions d’euros. Le bénéfice d’exploitation ajusté a subi une lourde chute de 40 %, à 16,7 millions d’euros.
Cette baisse s’explique principalement par l’effondrement du volume de courrier. Au premier trimestre, Bpost a traité 14,3 % de lettres, journaux et imprimés publicitaires en moins qu’un an plus tôt. La croissance du marché des colis n’a pas suffi à compenser cette baisse, malgré une hausse de plus de 9 % du volume de colis.