« Le Louvre est à nous ! » : des étudiants d'extrême gauche bloquent le musée et privent les touristes de leur visite
Une cinquantaine d'étudiants ont empêché l'ouverture du Louvre ce lundi matin, en soutien au mouvement lycéen. Des visiteurs venus parfois de l'autre bout du monde, billets réservés, se sont retrouvés devant des portes closes. Des touristes espagnols ont exprimé leur colère face aux manifestants.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le Louvre bloqué par une cinquantaine d'étudiants ce 19 octobre : des touristes privés de visite, certains après avoir préparé leur voyage six mois à l'avance.
Il faut parfois traverser un océan pour découvrir la Joconde, la Vénus de Milo ou les trésors de l'Égypte ancienne. Ce lundi 19 octobre, des touristes venus admirer les collections du Louvre ont découvert qu'une cinquantaine d'étudiants avaient décidé, à leur place, qu'ils n'entreraient pas.
Dès le matin, des élèves de l'École du Louvre, rejoints par d'autres militants, ont bloqué les accès au musée parisien pour afficher leur solidarité avec le mouvement lycéen et dénoncer ce qu'ils présentent comme une « répression policière ».
Résultat : le musée le plus visité du monde n'a pas pu ouvrir ses portes à 9 heures. Et les visiteurs, dont beaucoup avaient réservé leur entrée, se sont retrouvés devant un établissement fermé.
« Nous sommes fiers de bloquer le plus grand musée du monde »
La formule, inscrite sur un tract distribué par les manifestants, résume leur stratégie : frapper un lieu emblématique pour donner le maximum de visibilité à leurs revendications.
La direction du Louvre souligne pourtant que le mouvement n'a aucun lien direct avec le fonctionnement du musée. L'établissement sert, selon elle, de simple « chambre d'écho » à la contestation.
Dans une publication sur X, le média militant Révolution permanente relaie les images du blocage, accompagné du slogan : « Le Louvre, il est à qui ? Il est à nous ! »
🔴 BLOCAGE DU LOUVRE | « Le Louvre il est à qui ? Il est à nous ! »
— Révolution Permanente (@RevPermanente) October 19, 2026
Les étudiants de l’école du Louvre bloquent l’entrée du musée au Carrousel avec le soutien des personnels en grève et en solidarité au mouvement lycéen. pic.twitter.com/kIJ3ujqbe9
Mais cette proclamation soulève une question : au nom de quoi quelques dizaines de manifestants pourraient-ils décider de fermer un musée appartenant au patrimoine national et accueillant des visiteurs du monde entier ?
Le droit de manifester n'efface pas les conséquences concrètes d'un blocage pour ceux qui n'ont aucune responsabilité dans le conflit.
Des touristes espagnols furieux, un voyage préparé six mois à l'avance
La colère n'a pas tardé à se manifester. Sur X, le l'activiste Jérémy Benhaïm rapporte que des touristes espagnols, empêchés d'accéder au musée, ont insulté les étudiants qui leur barraient le passage. « Voilà l'image qu'ils garderont de notre pays lorsqu'ils rentreront chez eux », déplore-t-il.
« Fils de p*** ! », ont scandé ces touristes espagnols en colère, venus visiter le musée du Louvre, à l’encontre des étudiants d’extrême gauche qui bloquent l’entrée de l’établissement depuis ce matin.
— Jérémy Benhaïm (@JeremBenhaim) October 19, 2026
Voilà l’image qu’ils garderont de notre pays lorsqu’ils rentreront chez eux… pic.twitter.com/IEZGrTa7KI
Un autre témoignage, recueilli cette fois par l'agence de presse espagnole EFE, illustre les conséquences du blocage.
Ansherly Bernal, une touriste mexicaine venue avec sa mère, avait prévu de visiter le Louvre à 11 heures. Leur voyage avait été organisé six mois auparavant. Apprendre, le jour même, qu'elles ne pourraient pas entrer dans le musée représentait pour elles une véritable déception.
Des employés ont indiqué aux visiteurs que le musée resterait fermé au moins pendant la matinée et que les billets seraient remboursés.
Mais rembourser un billet ne rembourse ni un voyage, ni les heures perdues, ni une occasion qui ne se représentera peut-être jamais. Pour un visiteur venu de très loin, une journée à Paris peut être une expérience unique.
Une fermeture au nom de revendications étrangères au musée
Les étudiants mobilisés réclament notamment davantage de moyens pour la culture et l'éducation, ainsi que de meilleures conditions d'études et de travail. Ils présentent leur action comme un dernier recours après plusieurs semaines de mobilisation.
La CGT Culture a apporté son soutien au mouvement. Selon les informations recueillies par l'AFP, des étudiants des Beaux-Arts étaient également présents.
Cette mobilisation intervient deux jours après les manifestations du 17 octobre, marquées par des violences et des pillages dans plusieurs villes françaises.
Mais le choix du Louvre a quelque chose de singulier : pour dénoncer les difficultés de l'éducation et les interventions policières, les manifestants ont choisi de pénaliser des visiteurs qui n'ont aucune prise sur ces questions.
Le musée accueille environ 30.000 personnes par jour. Et pendant les vacances de la Toussaint, du 17 octobre au 1er novembre, la réservation est obligatoire pour la plupart des visiteurs. Autrement dit, reporter sa visite n'est pas nécessairement aussi simple que de revenir le lendemain.
La visibilité recherchée par les bloqueurs est donc acquise. Mais elle l'est au prix de la déception de touristes qui étaient venus en France pour tout autre chose que ses querelles politiques.