Le patronat européen sonne l'alarme : « L'ETS ne doit plus asphyxier notre industrie »
À quelques mois de la révision du marché européen du carbone (EU ETS), les principales organisations patronales de France, d'Allemagne et d'Italie unissent leurs voix pour demander une réforme en profondeur du dispositif. Leur message est clair : la transition climatique ne peut pas se faire au prix de la désindustrialisation de l'Europe.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le Medef, le BDI allemand et Confindustria demandent à Bruxelles une profonde réforme du marché européen du carbone afin de concilier décarbonation, compétitivité et maintien de l'industrie en Europe.
À l'approche de la révision de l'EU Emissions Trading System (EU ETS), le marché européen des quotas d'émission de CO₂, le Medef, le BDI allemand et Confindustria ont publié une déclaration commune appelant Bruxelles à revoir en profondeur le fonctionnement du mécanisme après 2030. Les trois organisations, qui représentent l'essentiel de l'industrie des trois premières puissances manufacturières de l'Union européenne, estiment que le système doit rester un levier de décarbonation, mais qu'il ne peut plus ignorer les réalités économiques auxquelles les entreprises sont confrontées.
Leur démarche ne remet pas en cause les objectifs climatiques européens. Au contraire, le communiqué rappelle que l'industrie reste pleinement engagée en faveur de la neutralité carbone et reconnaît que l'ETS a joué un rôle important dans la réduction des émissions depuis vingt ans en donnant un signal-prix favorable aux investissements dans les technologies bas carbone.
Mais, selon les organisations patronales, le contexte dans lequel le marché du carbone a été conçu n'a plus grand-chose à voir avec celui d'aujourd'hui. Elles évoquent des prix de l'énergie durablement élevés, une concurrence internationale de plus en plus intense, des tensions géopolitiques croissantes et des besoins d'investissements sans précédent pour financer la décarbonation des sites industriels.
Lettre conjointe des patronats français, italien et allemand @medef 🇫🇷 @Confindustria 🇮🇹 @Der_BDI 🇩🇪 pour demander une révision en profondeur de l’EU ETS (quotas CO2). L’ETS doit être un outil au service de la décarbonation industrielle. Pas une charge qui asphyxie nos industries pic.twitter.com/lDDpgbBPnW
— Fabrice Le Saché (@f_lesache) July 11, 2026
Une décarbonation qui passe aussi par la fermeture d'usines
Le point le plus marquant du communiqué réside dans le diagnostic posé sur les réductions d'émissions observées ces dernières années. Les trois organisations s'appuient sur une étude récente de l'université de Milan-Bicocca selon laquelle une part importante de cette baisse provient non pas uniquement des progrès technologiques, mais aussi de la diminution du nombre d'usines en activité.
Entre 2013 et 2024, le nombre d'installations industrielles européennes couvertes par l'ETS aurait diminué de près de 15 %, tandis que nombre des sites restants ont réduit leur niveau de production. Pour les signataires, ce constat montre que le risque de « décarboner par la désindustrialisation » ne peut plus être ignoré.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter