Les Français préfèrent faire barrage à LFI qu’au RN
À l’approche des élections municipales, un changement notable semble s’opérer dans le comportement électoral des Français. Selon un récent sondage Odoxa-Backbone Consulting pour le Figaro, une majorité d’entre eux se déclarent désormais plus enclins à faire barrage à La France insoumise qu’au Rassemblement national, marquant une évolution significative dans la hiérarchie des rejets politiques.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
— Selon un sondage Odoxa-Backbone, 55 % des Français se disent prêts à voter contre LFI pour empêcher sa victoire, contre 46 % pour le RN.
— Ce basculement marque une évolution dans la hiérarchie des rejets politiques en France.
— À l’approche des municipales, les électeurs disent toutefois vouloir privilégier les enjeux locaux plutôt que les logiques nationales.
D’après l’étude, 55 % des Français se disent prêts à voter pour une formation qu’ils ne soutiennent pas afin d’empêcher une victoire de Jean-Luc Mélenchon et de son mouvement La France insoumise. À titre de comparaison, 46 % des personnes interrogées déclarent qu’elles adopteraient la même stratégie pour bloquer le Rassemblement national.
Ce résultat traduit un basculement symbolique. Pendant des décennies, le « front républicain » s’est principalement construit contre le parti fondé par Jean‑Marie Le Pen et aujourd’hui dirigé par Marine Le Pen. Désormais, une partie croissante de l’opinion considère LFI comme la formation la plus repoussoir.
Un rejet particulièrement fort au centre et à droite
Le rejet de LFI est particulièrement marqué chez les électeurs de droite et du centre. Selon le sondage, 83 % des sympathisants des Républicains et 89 % des électeurs proches de la majorité présidentielle se disent prêts à faire barrage aux candidats insoumis si la situation se présentait lors d’un second tour.
Ce positionnement contraste avec les consignes observées lors des dernières élections législatives, où plusieurs responsables macronistes avaient appelé à voter contre le RN, y compris lorsque cela impliquait de soutenir des candidats de LFI.
Une gauche divisée face aux alliances
À gauche, la question d’une alliance avec LFI continue de susciter des débats. Dans plusieurs grandes villes, les stratégies divergent. Certains responsables écologistes ou socialistes n’excluent pas des coopérations locales, tandis que d’autres préfèrent garder leurs distances.
Chez les sympathisants socialistes notamment, près de deux tiers se disent opposés à toute fusion de listes avec LFI. En revanche, l’idée d’une union de la gauche sans les Insoumis recueille un soutien nettement plus large, aussi bien chez les socialistes que chez les écologistes et les communistes.
Le RN reste fortement rejeté à gauche
Malgré cette évolution, le RN demeure très contesté chez les électeurs de gauche, où plus de 80 % se déclarent prêts à voter contre ce parti en cas de duel électoral. Le « front anti-RN » reste donc solide dans cet électorat, même si son intensité apparaît désormais moindre à l’échelle nationale.
Des municipales centrées sur les enjeux locaux
Ces élections municipales présentent par ailleurs une particularité rare : elles se déroulent un an avant l’élection présidentielle de 2027, un calendrier qui n’avait plus été observé depuis 2001. Plusieurs figures politiques, comme Édouard Philippe, voient d’ailleurs dans ce scrutin un test politique important.
Pour autant, les électeurs affirment majoritairement vouloir privilégier les enjeux locaux plutôt que les logiques nationales au moment de voter. Selon l’enquête, 84 % des Français déclarent que les questions municipales resteront déterminantes dans leur choix.
Enfin, la participation pourrait être relativement élevée. Après l’abstention record observée lors des municipales perturbées par la pandémie de COVID-19, les instituts de sondage anticipent un taux de participation autour de 68 %, signe d’un regain d’intérêt pour ce scrutin local.