L’ex-collaborateur d’une députée LFI Ritchy Thibault appelle à « mettre le feu à l’Élysée »
Sous contrôle judiciaire et interdit de manifestation, Ritchy Thibault, ancien collaborateur parlementaire d'une députée LFI, a été interpellé jeudi à Saint-Denis. Devant des lycéens, le militant d'extrême gauche avait appelé à « attaquer tous les commissariats » et à « mettre le feu à l'Élysée ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Ritchy Thibault, ancien collaborateur parlementaire d'une députée LFI, a été interpellé à Saint-Denis pendant les blocages lycéens. Sous contrôle judiciaire et interdit de manifestation, il avait appelé à « attaquer tous les commissariats » et « mettre le feu à l'Élysée ».
« On va attaquer tous les commissariats de police. » — « Demain, on va mettre le feu à l'Élysée. » — « Est-ce qu'on va former des barricades ? Est-ce qu'on va faire la révolution ? »
Mégaphone à la main, Ritchy Thibault harangue jeudi un rassemblement de lycéens à Saint-Denis. Quelques minutes plus tard, le militant d'extrême gauche de 23 ans est interpellé par des policiers en civil et placé en garde à vue.
L'épisode intervient en pleine flambée des violences autour des blocages lycéens en France et présente une particularité : Ritchy Thibault se trouvait déjà sous contrôle judiciaire et avait l'interdiction de participer à une manifestation, selon son avocat et plusieurs médias.
Une enquête de flagrance a été ouverte notamment pour « provocation non suivie d'effet au crime ou délit, participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou les biens et outrage », rapporte Valeurs actuelles.
« Mille fois pire que les Gilets jaunes »
Les images de son intervention ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Ancien collaborateur parlementaire de la députée La France insoumise Ersilia Soudais, Ritchy Thibault y promet une escalade spectaculaire.
« Le 17 octobre, ça va être mille fois pire que les Gilets jaunes », lance-t-il devant la foule. Puis viennent les appels aux barricades, à la « révolution » et à « mettre le feu à l'Élysée ». Europe 1, qui a également rapporté son interpellation, confirme qu'il se trouvait alors sous contrôle judiciaire et sous interdiction de prendre part à une manifestation.
Une autre séquence montre trois policiers en civil l'emmener. Son avocat, Me Henri Braun, a dénoncé sur X un « kidnapping en pleine rue à Saint-Denis », accusant des agents « sans aucun signe distinctif » d'avoir employé des « méthodes dignes d'un État policier qui veut museler les opposants ». Le Figaro rapporte que l'avocat a ensuite confirmé le placement en garde à vue de son client.
Un ancien collaborateur parlementaire de LFI
Ritchy Thibault a travaillé comme collaborateur parlementaire d'Ersilia Soudais, députée LFI de Seine-et-Marne.
Son passage à l'Assemblée nationale avait déjà été particulièrement mouvementé. En octobre 2024, la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, lui avait interdit l'accès au Palais-Bourbon en raison d'un risque de trouble à l'ordre public.
En avril 2025, il avait néanmoins pénétré dans une partie de l'enceinte parlementaire en forçant une porte tournante de sécurité avec l'aide d'un autre collaborateur parlementaire, selon un communiqué officiel de la présidence de l'Assemblée.
Yaël Braun-Pivet avait alors déposé plainte et renforcé les restrictions d'accès le concernant. L'Assemblée le présentait encore à cette date comme collaborateur d'Ersilia Soudais. La députée LFI ne le compte plus aujourd'hui parmi ses collaborateurs enregistrés par l'Assemblée nationale.
Plusieurs affaires devant la justice
Le militant était déjà connu pour une succession de prises de parole particulièrement virulentes. En octobre 2024, lors d'une manifestation de soutien à Gaza, il avait notamment lancé : « Le seul chemin dans les rues de Paris, c'est l'intifada ». Ces propos ont également été consignés dans un rapport parlementaire publié depuis par l'Assemblée nationale.
Au Salon de l'agriculture en février 2024, il avait interpellé Emmanuel Macron en évoquant la Révolution française et « le pays qui fait tomber la tête des monarques ».
Poursuivi pour des menaces visant le chef de l'État, Ritchy Thibault a comparu en septembre devant le tribunal correctionnel de Paris. Le Figaro rapporte qu'après plusieurs incidents à l'audience et des propos menaçants envers le procureur, il avait été exclu de son propre procès. La décision doit être rendue le 6 octobre.
C'est dans le cadre de cette procédure qu'il avait été placé sous contrôle judiciaire et interdit de manifestation. Selon Le Figaro, il avait annoncé dès l'audience qu'il ne respecterait pas cette interdiction.
Une interpellation en pleine crise des lycées
Sa présence à Saint-Denis prend une résonance particulière dans le contexte actuel. Depuis plusieurs jours, les blocages de lycées ont dégénéré dans plusieurs villes en incendies, tirs de mortiers, agressions et affrontements avec les forces de l'ordre. Le gouvernement accuse parallèlement LFI et des groupes d'ultragauche de chercher à instrumentaliser le mouvement, ce que La France insoumise conteste.
L'interpellation de Ritchy Thibault ne démontre pas à elle seule une organisation des violences par LFI, dont il n'est plus collaborateur parlementaire.
Elle documente en revanche la présence, au milieu d'un rassemblement lycéen à Saint-Denis, d'un militant d'extrême gauche déjà poursuivi dans plusieurs affaires et interdit de manifestation, appelant publiquement les jeunes présents à dresser des barricades, attaquer des commissariats et « mettre le feu à l'Élysée ».
Il appartient désormais à la justice de déterminer les conséquences de ces nouveaux faits, tant au regard des propos prononcés que des obligations attachées à son contrôle judiciaire.