« Ne pas rajouter de la division » : Darmanin renonce à 2027 et rallie la coalition Philippe
Gérald Darmanin renonce à l’Élysée et rallie Édouard Philippe « dans l’intérêt supérieur du pays ». L’ancien LR devenu pilier du macronisme rejoint ainsi l’ancien LR devenu premier ministre de Macron, désormais candidat à sa succession. À l’approche de 2027, le grand recyclage du bloc central a commencé.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Gérald Darmanin renonce à la présidentielle et rallie Édouard Philippe. Derrière « l’intérêt supérieur du pays », le bloc central prépare déjà sa nouvelle recomposition pour survivre à l’après-Macron.
Il existe en politique française un mot qui résiste à toutes les alternances, à toutes les défaites et même à toutes les contradictions : le « rassemblement ».
Gérald Darmanin vient d’en offrir une nouvelle démonstration. Après avoir longtemps entretenu l’hypothèse de sa propre candidature à l’élection présidentielle de 2027, le ministre de la Justice a finalement annoncé qu’il renonçait à se présenter et qu’il soutiendrait Édouard Philippe.
La justification est typique du milieu : « Parce qu’il s’agit de la France et de son intérêt supérieur, j’ai décidé de ne pas rajouter de la division. Je soutiendrai Édouard Philippe pour l’élection présidentielle », a annoncé Gérald Darmanin.
Parce qu’il s’agit de la France et de son intérêt supérieur, j’ai décidé de ne pas rajouter de la division. Je soutiendrai Édouard Philippe pour l’élection présidentielle.
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) August 17, 2026
Retrouvez l’entretien que j’ai accordé à La Voix du Nord ⤵️https://t.co/10PWQVaLmV
L’ambition personnelle s’efface donc devant la patrie. À moins qu’elle ne change simplement de véhicule. Car l’histoire politique des deux hommes donne à cette nouvelle union un parfum très caractéristique de la vie politique française depuis 2017. Gérald Darmanin et Édouard Philippe viennent tous deux de l’ancienne droite républicaine. Tous deux l’ont quittée pour rejoindre Emmanuel Macron. Tous deux ont occupé des fonctions majeures sous sa présidence. Tous deux ont ensuite construit leur propre appareil politique. Et les voilà désormais réunis pour préparer l’après-Macron.
Édouard Philippe ne s’en cache d’ailleurs nullement. Dans sa réponse au garde des Sceaux, le candidat à l’Élysée se réjouit de pouvoir préparer avec lui « la recomposition politique indispensable et le grand rassemblement politique dont notre République a besoin ». Tout est dit.
La confiance exprimée par Gérald Darmanin m’honore et me réjouit.
— Edouard Philippe (@EPhilippe_LH) August 18, 2026
D’abord parce que Gérald Darmanin est un talent qui compte : par son parcours, local et national, par son expérience ministérielle, par ses compétences et sa connaissance du pays, par son mélange assez unique…
Le centre voiture-balai des indécis ?
Depuis près de dix ans, le macronisme possède une remarquable capacité à absorber tout ce qui accepte de se définir comme raisonnable, modéré, responsable ou réformiste.
Des socialistes aux anciens juppéistes, des centristes historiques aux anciens sarkozystes, l’édifice s’est moins construit autour d’une doctrine homogène qu’autour d’une frontière : d’un côté, les forces jugées fréquentables ; de l’autre, les « extrêmes ».
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter