Neutralité de l’école publique : un post sur le ramadan relance le débat au Parlement
Une publication Facebook d’une école du réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) évoquant le début du ramadan, accompagnée d’une image mentionnant un échevin carolo, a suscité des interrogations politiques. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le député Nicolas Tzanetatos (MR) a interpellé la ministre Jacqueline Galant sur le respect du principe de neutralité dans la communication des établissements scolaires sur les réseaux sociaux.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
Une publication Facebook d’une école du réseau WBE évoquant le ramadan et mentionnant un échevin carolo a suscité une question parlementaire du député Nicolas Tzanetatos (MR). La ministre Jacqueline Galant évoque une erreur involontaire et rappelle que les écoles doivent respecter strictement le principe de neutralité dans leur communication, y compris sur les réseaux sociaux.
La question de la neutralité de l’enseignement officiel s’est invitée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à la suite d’une publication sur les réseaux sociaux d’une école du réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE).
Le député Nicolas Tzanetatos (MR) a interrogé le gouvernement après avoir repéré un message publié sur la page Facebook de l’école Le Petit Orsini à Jumet, évoquant le début du mois de ramadan. Si le message se voulait inclusif, l’élu estime qu’il soulève plusieurs interrogations au regard du principe de neutralité de l’enseignement public.
Une image mentionnant un élu local
La publication posait un second problème, selon le député : l’image utilisée mentionnait explicitement le nom de l’échevin des Sports de la Ville de Charleroi, alors que celui-ci n’avait aucun lien direct avec la gestion de l’établissement.
Pour Nicolas Tzanetatos, ce type de communication peut créer une confusion entre l’école et la promotion de responsables politiques.
« Si l’ouverture aux convictions et aux cultures constitue une valeur essentielle de l’enseignement officiel, les communications publiques des écoles doivent demeurer totalement neutres au niveau politique et philosophique », a-t-il souligné.
Le député a dès lors demandé quelles directives encadrent la communication des établissements de WBE sur les réseaux sociaux et quelles mesures existent pour garantir le respect du principe de neutralité.
Une erreur reconnue par l’établissement
Dans sa réponse, la ministre Jacqueline Galant, compétente notamment pour la Fonction publique, a indiqué avoir pris contact avec WBE à la suite de cet incident.
Selon les informations recueillies, il s’agissait d’une erreur involontaire. Le visuel utilisé pour illustrer la publication avait été trouvé sur internet, sans que l’établissement ne remarque la présence du nom de l’échevin.
« Dès que cet élément a été identifié, la direction de l’école a immédiatement procédé au retrait de l’image », a précisé la ministre.
Des règles de neutralité strictes
Jacqueline Galant rappelle que la neutralité et le devoir de réserve font partie intégrante du statut du personnel de WBE. Ces principes s’appliquent également à la communication institutionnelle des établissements, y compris sur les réseaux sociaux.
Selon la ministre, ces obligations font l’objet de rappels réguliers auprès des directions d’école, notamment dans les formations destinées aux futurs responsables d’établissement et dans les programmes de formation continue.
Le service de communication de WBE veille également, dans la mesure de ses moyens, au respect de ces principes dans les communications des écoles. Mais l’organisme rappelle que les directions d’établissement disposent d’une autonomie et restent responsables des contenus diffusés.
Un rappel à la vigilance
Suite à l’incident, la direction de l’école concernée a été invitée à faire preuve d’une vigilance accrue afin d’éviter que ce type de situation ne se reproduise.
De son côté, Nicolas Tzanetatos a pris acte des explications fournies par la ministre, tout en appelant à rester attentif à la neutralité de l’école publique.
« L’école doit rester un lieu neutre où chacun peut s’épanouir, quelles que soient ses convictions politiques ou religieuses », a-t-il conclu, estimant qu’un tel incident doit servir de rappel utile des règles en vigueur.