Nizar Trabelsi : la Belgique condamnée à plus de 600.000 euros d'indemnités
Condamné en Belgique pour un projet d'attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel, l'ex-footballeur tunisien Nizar Trabelsi a déjà touché plus de 600.000 euros de l'État belge au titre de dommages et d'astreintes.
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Résumé de l'article
L'ancien footballeur Nizar Trabelsi, condamné pour avoir préparé un attentat-suicide, à perçu plus de 600.000 euros d'indemnités de l'État belge. Anneleen Van Bossuyt déclare que les autorités sont disposées à l'aider à retourner dans son pays d'origine, la Tunisie.
Les montants atteignant environ 600.000 euros résultent d'une série de décisions de justice belges et européennes liées à son extradition vers les États-Unis, à sa détention et au respect de ses droits fondamentaux. Cette facture alimente aujourd'hui une vive controverse politique autour de sa présence en Belgique et des possibilités de son renvoi vers la Tunisie.
Selon la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V), qui répondait à une question parlementaire de la députée Vlaams Belang Francesca Van Belleghem, Nizar Trabelsi a perçu au fil des années plus de 600.000 euros de l'État belge en dommages et intérêts, astreintes et frais de procédure, un montant supérieur aux chiffres avancés jusqu'ici.
Historique
En juin 2004, la justice belge condamne Nizar Trabelsi, ancien footballeur tunisien islamiste, à dix ans de prison pour avoir préparé un attentat-suicide au camion piégé contre la base aérienne de Kleine-Brogel, dans le nord du Limbourg. En 2013, il est extradé vers les États-Unis pour y être jugé pour des activités terroristes visant des ressortissants américains, une extradition aussitôt contestée en raison de ses bases juridiques et du feu vert donné à l'époque par la ministre de la Justice Annemie Turtelboom. Après plus de dix ans de détention supplémentaires, il est finalement acquitté par la justice américaine en juillet 2023.
De retour en Belgique à l'été 2025, Nizar Trabelsi est rapidement placé au centre fermé pour illégaux de Merksplas avec une obligation de quitter le territoire. Cette mesure sera annulée, entraînant sa libération le 22 octobre 2025. Dans la foulée, Annelies Verlinden informe la Chambre que l'État belge a été condamné à lui verser des astreintes pour avoir refusé du le rapatrier après son acquittement aux États-Unis, soit 300.000 euros auxquels s'ajoutent 50.000 euros de frais de procédure.
Au total, les différentes décisions de justice portent la somme que doit verser la Belgique à plus de 600.000 euros. Parmi ces décisions figure l'arrêt rendu en septembre 2013 par la Cour européenne des Droits de l'Homme, qui condamne la Belgique pour l'extradition de Trabelsi vers les États-Unis et lui accorde 90.000 euros, dont 60.000 euros de dommages et 30.000 euros de frais. La cour d'appel de Bruxelles condamne ensuite l'État belge à deux reprises, en 2022 et en 2024, à lui verser 112.242 euros puis 49.854 euros, notamment pour violation de son droit au mariage et à la vie familiale et pour le préjudice moral causé par les conditions de sa détention.
Selon Francesca Van Belleghem, la facture globale à lui payer dépasse désormais 602.096,92 euros, un montant qu'elle juge « salé » dans un entretien accordé au Nieuwsblad. Elle reproche en parallèle à la ministre de l'Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt (N-VA) de ne « pratiquement rien faire de concret » pour organiser le retour des Trabelsi vers la Tunisie. Pour dénoncer cette situation, elle compare la Belgique à des pompiers qui refuseraient d'intervenir, mais feraient supporter le coût des dégâts aux voisins, estimant que le pays héberge un terroriste condamné, s'abstient de l'expulser et présente ensuite la note au contribuable.
Sur le plan migratoire, le dossier reste dans l'impasse.
Début 2026, Anneleen Van Bossuyt déclare à la Chambre que le gouvernement belge refusera d'aider Trabelsi à rejoindre l'Afghanistan, destination comme il le souhaite, affirmant ne pas vouloir renvoyer un « terroriste salafiste condamné » vers le régime taliban aux frais du contribuable belge. Elle indique toutefois que les autorités sont disposées à l'aider à retourner dans son pays d'origine, la Tunisie.