Nous sommes l'un des enseignements les mieux financés au monde mais les résultats des élèves ne suivent pas selon Valérie Glatigny
Valérie Glatigny est l'une des ministres les plus actives et les plus médiatiques. Elle est revenue lors de cette rentrée sur sa vision de l'enseignement et sur la nécessité pour elle que le diplôme et sa valeur ne soient pas bradés.
Publié par J.PE
La ministre de l’enseignement libérale a donné ce dimanche un entretien à nos confrères du Sudinfo. L’occasion pour elle de revenir en cette rentrée scolaire avec sa vision des réformes à défendre dans un cadre budgétaire très compliqué.
Valérie Glatigny rappelle que l’enseignement en Belgique reste l’un des mieux financés au monde mais dont les résultats ne sont pas bons : « Au niveau de l’OCDE, nous sommes dans le top 5 des pays qui financent le mieux l’enseignement. Avec cet argent, les résultats de nos jeunes ne sont pas satisfaisants. Ce n’est donc pas qu’une question d’argent. D’ailleurs, la Flandre dévisse au niveau des résultats PISA. Nous devons inverser cette tendance, notamment avec l’instauration d’un test obligatoire en début de quatrième primaire, portant sur le calcul, la lecture et l’écriture, couplé à un renforcement de l’accompagnement personnalisé et à des dispositifs de co-enseignement dans les classes concernées. » Cette question budgétaire avait déjà été abordée lors de l'entretien que la Ministre nous avait accordé.
Pour la ministre, il est important que le diplôme de nos jeunes continue à valoir quelque chose : « les parents sont en attente d’un diplôme qui certifie des compétences. Nous n’avons pas de lithium, pas de pétrole, plus de charbon. Notre valeur ajoutée, c’est le cerveau de nos jeunes. Je suis ministre des enseignants, mais aussi des parents et des élèves.(…) Quand j’entends que l’on parle de l’arrêt du redoublement et d’un passage automatique généralisé d’une année à l’autre, je suis effrayée. Nous ne donnons plus les mêmes chances à tous les élèves. Je serais très populaire en permettant à tous les jeunes de ne plus doubler et, en plus, je réaliserais des économies… mais le passage automatique, c’est un terrible cadeau empoisonné. »
L’importance de la qualité d’une école de qualité pour tous permet aussi l’égalité sociale selon la Ministre qui déclare : « Un diplôme qui ne certifierait plus de compétences réelles pénaliserait avant tout les familles les moins favorisées, celles qui n’ont pas la possibilité de recourir à un enseignement privé ou à des études à l’étranger en cas d’échec caché. Les jeunes trouveront plus facilement un job… Ils contribueront par leurs impôts au financement de notre sécurité sociale. On veut des individus autonomes et pas des individus qui doivent se tourner vers le chômage ou le CPAS. »
Valérie Glatigny termine son entretien par la question de la baisse démographie est également un vrai sujet qui va fortement influencer le budget dans les années à venir et la nécessité de fusion entre école : « On s’y prépare. Par exemple, on est en permanence en dialogue avec les fédérations de PO pour qu’elles réfléchissent à une fusion ou à un adossement avec une autre école. Nous avons conscience que notre financement va suivre la dénatalité. Nous ne pourrons pas « d’un coup de baguette magique » demander au Fédéral – qui est déjà en train de se demander comment payer les pensions, les soins de santé – de maintenir notre financement alors que nous aurons moins d’élèves. »