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Nouvel échec bruxellois : Les Engagés craignent pour l’existence même de la Région

par Harrison du Bus
BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Après près de dix-neuf mois d’impasse politique, Les Engagés actent l’échec de leur initiative visant à doter la Région bruxelloise d’un gouvernement de plein exercice. En cause, selon le parti centriste, la persistance de « postures politiques » et de nouvelles exigences jugées irréalistes, notamment du côté de Open VLD, qui rendraient impossible la formation d’une majorité viable.

Dans un communiqué diffusé ce mardi, Les Engagés estiment que « l’existence même de la Région » est désormais en péril, alors que l’absence de gouvernement depuis plus d’un an et demi a déjà généré près de deux milliards d’euros de dette supplémentaire pour les Bruxellois.

Une tentative « par responsabilité », malgré des concessions majeures

Le parti rappelle avoir exploré « toutes les voies possibles » pour sortir Bruxelles de l’ornière. Après avoir constaté l’impossibilité de former une majorité avec le Mouvement Réformateur, que ce soit avec le Parti Socialiste ou avec Ecolo et DéFI, Les Engagés disent avoir pris leurs responsabilités en tentant une configuration inédite, qu’ils reconnaissent ne pas avoir été leur option privilégiée.

Dans ce cadre, plusieurs avancées sont mises en avant : la définition d’un cadre budgétaire plus ambitieux, visant à ramener le déficit prévisionnel de 2029 à –248 millions d’euros, soit une amélioration de 1,4 milliard par rapport à une trajectoire inchangée ; l’élaboration d’un plan d’action articulé autour de 14 chantiers prioritaires et 65 réformes à engager dès 2026 ; et l’accord du CD&V pour soutenir un gouvernement sans revendiquer de poste, ouvrant la voie à une double majorité sans création de fonctions supplémentaires.

Le point de rupture : l’exigence d’un équilibre budgétaire en 2029

Selon Les Engagés, l’impasse actuelle résulte de nouvelles exigences formulées par l’Open VLD, qui conditionnerait désormais sa participation aux négociations à un retour à l’équilibre budgétaire dès 2029. Une demande que le parti juge « symbolique » et non exigée ni par l’Union européenne ni par les agences de notation.

Le communiqué insiste sur la nécessité de privilégier la crédibilité des réformes concrètes plutôt que des projections chiffrées jugées irréalistes, rappelant que le précédent gouvernement avait déjà annoncé un retour à l’équilibre en 2024 sans y parvenir.

« Une Région prise en otage »

Les Engagés disent comprendre la colère des citoyens bruxellois et dénoncent une logique de vetos et de calculs politiciens qui empêcherait toute amélioration concrète de la situation. « À force de voir chacun exiger son idéal, c’est toute amélioration possible qui disparaît », écrivent-ils, appelant les partis à se concentrer sur l’intérêt général plutôt que sur des postures électorales.

Une porte laissée ouverte

Malgré ce constat d’échec, Les Engagés affirment rester disponibles pour toute initiative permettant de former une majorité et de lancer les réformes jugées indispensables au redressement de Bruxelles. Le parti conclut en réaffirmant que sa « seule boussole » demeure l’intérêt des citoyens, tout en remerciant les équipes et partenaires ayant participé aux travaux préparatoires.

Harrison du Bus

(BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE)

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