Paul Magnette : « Tous les pays européens font face à la même crise, mais la Belgique a les pires résultats »
Dans un entretien accordé à L'Écho, Paul Magnette critique sévèrement la politique budgétaire de l'Arizona, défend une taxation des patrimoines, alerte sur les économies annoncées dans les soins de santé et appelle à la prudence concernant l'affaire du foyer anderlechtois.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Paul Magnette attaque le bilan budgétaire de l'Arizona, soutient la taxation des patrimoines, dénonce un possible « bain de sang » dans les soins de santé et réagit à l'affaire du foyer anderlechtois.
Le Président du PS a donné un large entretien à nos confrères de l’Echo ce week-end, l’occasion pour lui d’attaquer le bilan de l’Arizona et de donner sa vision budgétaire.
Pour Paul Magnette, il est trop facile d’accuser les gouvernements précédents de la situation budgétaire : « Je ne nie pas la hauteur de l'effort. Mais quand le Premier ministre dit que tout cela est un héritage du passé ou la conséquence d'une crise internationale, c’est trop facile. Tous les pays européens font face à la même crise, mais la Belgique a les pires résultats. Le gouvernement précédent a terminé avec 17 milliards de déficit, celui-ci va l'amener à 40 milliards. »
Paul Magnette se réjouit aussi de la proposition de taxation des patrimoines proposés par Yvan Verougstraete : « Je salue cette proposition. Le PS a été le premier à déposer une proposition de loi en ce sens. Tant mieux si d’autres s’y rallient. Le mouvement s’élargit. Ce n’est pas pour le plaisir, ni dans une logique punitive, mais parce qu’il y a des besoins budgétaires et qu'il faut y répondre de manière équilibrée. »
Enfin le patron des socialistes s’inquiète des économies que le gouvernement prépare dans les soins de santé : « on prépare un bain de sang dans le secteur de la santé. Je suis inquiet. Leur problème, c'est que Frank Vandenbroucke s'était engagé à faire 2 milliards d'économies via la réintégration des malades de longue durée, mais que cet objectif est inatteignable, parce qu’ils n’ont pas mis de vraie stratégie en place. On prend toujours l’exemple des Pays-Bas, où la réintégration est beaucoup plus forte. Mais là-bas, l’employeur continue à payer une large part du salaire d'une malade pendant plus d’une année. Les entreprises sont donc très incitées à garder leurs travailleurs, à adapter les postes. Chez nous pas, vu qu'on bascule très rapidement sur la Sécurité sociale. »
Enfin le Président du PS se veut prudent sur l’affaire du foyer anderlechtois : « J’attends les résultats de l’enquête judiciaire et de la commission d'enquête parlementaire. Pour le moment, on ne voit rien. C'est très facile de faire un reportage complètement à charge. Il y avait aussi un reportage de la même émission sur le CPAS d'Anderlecht et la justice a conclu à un non-lieu. »