Présidentielle 2027 : Lisnard et Retailleau cherchent l’union, Ciotti leur désigne Le Pen
Rivaux par la méthode, proches par les idées, les deux hommes explorent la voie d’un ticket commun. Le temps presse, mais leurs atouts respectifs plaident pour eux.
Publié par Loïc Cotteret
Résumé de l'article
Bruno Retailleau et David Lisnard ont discuté d’une solution pour n’avoir qu’un seul candidat à droite en 2027, alors que Marine Le Pen domine les sondages (31 à 38 %). La veille, Éric Ciotti leur avait demandé d’abandonner leurs « candidatures de témoignages » pour se ranger derrière elle.
Marine Le Pen occupe le haut des sondages, entre 31 et 38 % selon les configurations. Face à ce bloc, la droite républicaine ne manque ni de talents ni de projets. Il lui manque un nom. Bruno Retailleau et David Lisnard ont discuté d’une solution pour y parvenir. Un signal que beaucoup n’espéraient plus, la veille même du jour où Éric Ciotti invitait les deux hommes à ranger leurs ambitions.
Deux légitimités qui se répondent
Le premier arrive avec l’onction des adhérents Les Républicains, une candidature lancée dès février et le soutien de François Fillon, ancien candidat LR à la présidentielle, affiché le 17 octobre. Ancien ministre de l’Intérieur, il a fait de l’autorité de l’État sa marque de fabrique.
Le second, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, s’appuie sur un ancrage local solide et sur son mouvement, Nouvelle Énergie, qui ne cesse de croître depuis quelques semaines, grâce notamment au #ilsepassequelquechose sur les réseaux sociaux. Il a quitté LR fin mars pour défendre une grande primaire ouverte.
Robert Ménard, maire de Béziers, a réuni les deux hommes à déjeuner. Son pronostic tient en une phrase : ils ne finiront pas à deux face aux Français.
Sur le fond, les discours se recoupent largement. Retailleau promet de réindustrialiser le pays, dénonce les excès technocratiques et plaide pour une écologie de progrès. Lisnard réclamait, début septembre, le rétablissement du délit de séjour irrégulier. Fermeté sur l’ordre, exigence sur l’économie : de quoi composer un projet commun sans que personne n’ait à renier ses convictions.
Présidentielle 2027 : “Je pense que ses idées ne sont pas très loin de celles de Bruno Retailleau donc je souhaite qu'ils puissent s’entendre et réunir leurs forces”, affirme @MichelBarnier à propos de David Lisnard. #BonjourChezVous pic.twitter.com/ur032i36A7
— Public Sénat (@publicsenat) October 22, 2026
Des électorats presque superposables
Les enquêtes dessinent un tandem plus cohérent qu’on ne le dit. Cluster17 a testé la formule du candidat unique : 17 % pour Lisnard, 17,5 % pour Retailleau. Surtout, leurs publics se rejoignent.
Près d’un électeur de Retailleau sur deux (49 %) suivrait Lisnard, et 42 % feraient le chemin inverse. Avec Édouard Philippe en champion commun, ces reports tombent à 23 et 26 %. Candidat unique, Lisnard garde 57 électeurs sur 100 de ceux qui le choisissaient d’abord, contre 48 pour Retailleau : un profil de rassembleur, à mi-chemin entre Philippe et son rival.
Dans la foulée, Lisnard progresse : un sondage Ifop de mardi le crédite de 7 % sans Retailleau, un autre le place devant lui avec 6 %, et le baromètre Ipsos d’octobre lui accorde quatre points de satisfaction supplémentaires.
🔵@Menard_off à l'initiative d'un déjeuner entre David Lisnard et Bruno Retailleau, pour une union ?
— Sud Radio (@SudRadio) October 22, 2026
🗣️"Ils ont dit qu'ils ne seraient pas, les deux, face aux Français au premier tour. Ils arriveront à s'entendre" #GrandMatin
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Ciotti ou la tentation du raccourci
Mercredi, sur Europe 1 et CNews, le président de l’UDR a qualifié leurs campagnes de « candidatures de témoignages ». Seule Marine Le Pen, assure-t-il, peut l’emporter, faute de quoi reviendra une gauche « impuissante et immobile ».
Le raisonnement vaut ce que valent les prophéties de campagne. Retailleau, qui accusait en 2024 son ancien allié de « déloyauté », a toujours défendu sa liberté de manœuvre. Lisnard, lui, revendique une offre autonome et refuse de dépendre du seul choix des adhérents LR. Ni l’un ni l’autre n’a la tête d’un figurant.
🔴 Ciotti : "Lisnard, Retailleau, rejoignez-nous !"
— LCI (@LCI) October 22, 2026
Le maire de Nice appelle les candidats de droite à rejoindre Marine Le Pen.
📺 L'édito pol de @C_Barbier | Matinale LCI pic.twitter.com/ergHl4uBFZ
La méthode, dernier obstacle
Reste à choisir la route. Retailleau défend la légitimité conférée par son parti, mais n’a « jamais dit non par principe » à une primaire, et s’affirme sans crainte de l’affronter. Lisnard la réclame depuis des mois. Le terrain d’entente existe, à portée de main.
🚨‼️🇫🇷 URGENT - À l’issue d’un entretien organisé à l’initiative de Robert Ménard aujourd’hui, Bruno Retailleau et David Lisnard se sont dit ouverts à l’idée d’une primaire de la droite et du centre.
— Actu & Politique (@actuetpolitique) October 21, 2026
« Il reste désormais à définir le calendrier et les règles : sur la méthode, il… pic.twitter.com/kovGlrXRn2
Le calendrier plaide aussi pour eux. Au lendemain du départ de Lisnard, en avril, Retailleau prédisait que leurs trajectoires finiraient par se recroiser.
Six mois plus tard, la prophétie prend corps autour d’une table. Si l’accord se noue, il aurait le mérite de la clarté : un seul bulletin, un seul projet, une voix unique pour la droite de gouvernement. Le premier tour est fixé au 18 avril 2027. Il laisse assez de temps pour trancher, à condition de ne pas le gaspiller.