PTB en crise : députés sur le départ, tensions internes et rôle du PS… ce que révèle notre enquête
Départs en série, tensions idéologiques, fractures internes… Le PTB traverse une crise profonde, bien plus structurelle qu’il n’y paraît. Après les démissions de Rachida Aït Alouha et de Giacomo Bellavia, notre enquête plonge dans les coulisses d’un parti sous pression, tiraillé entre discipline interne, contradictions idéologiques… et ambitions de pouvoir.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Les départs récents révèlent une crise interne profonde et durable au PTB
- Un malaise grandissant autour des profils “ouvriers”, souvent marginalisés en interne
- Une contradiction majeure entre discours révolutionnaire et ambition de gouverner
- Le PS pourrait exploiter la situation pour affaiblir le PTB en vue de 2029
"Ce n'est qu'un début, les départs vont se multiplier dans les prochains mois au sein des députés PTB, deux ou trois profils sont clairement à risque et en train de prendre leurs distances avec le parti."
Notre enquête dans les couloirs des parlements, dans ces cercles proches du PTB et auprès d'élus qui ont souhaité garder l'anonymat révèle au grand jour la crise qui touche aujourd'hui le parti communiste. Officiellement, chaque départ est une décision individuelle. Officieusement, tous racontent la même chose : un malaise grandissant.
Après Jori Dupont il y a quelques mois, les démissions de Rachida Aït Alouha et de Giacomo Bellavia ne mentent pas. Dans les coulisses, plusieurs sources décrivent une érosion silencieuse du groupe parlementaire wallon. « Autour du noyau dur, ça craque de plus en plus parce que l’appareil est trop dur », confie un interlocuteur en vue au sein du parlement wallon. Certains évoquent déjà d’autres départs à venir. Avec un risque concret : voir le PTB perdre du poids institutionnel, voire certaines positions stratégiques comme une présidence de commission.
Le malaise des “visages ouvriers”
C’est l’un des angles morts les plus sensibles du PTB. Le parti a bâti son identité sur des profils issus du terrain : infirmières, ouvriers, enseignants, travailleurs sociaux. Une incarnation forte, qui crédibilise son discours en faveur des classes populaires. Mais en interne, le fonctionnement serait tout autre.
Selon plusieurs témoignages concordants, ces profils sont souvent relégués à des rôles d’exécution. « Ils sont les visages, les presse-boutons », résume un observateur. Les décisions, elles, restent concentrées entre les mains d’un cercle restreint de cadres très politisés. Un décalage qui nourrit un ressentiment profond.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter