Crise chez Grasset : « Olivier Nora est passé de 830.000 euros à 1,017 million d’euros » dans un contexte économique compliqué
Dans un court texte publié dans le JDD, le patron de Hachette Vincent Bolloré replace le licenciement de l'éditeur Olivier Nora dans le contexte économique difficile que traverse la maison d'éditions Grasset.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
- Dans les colonnes du JDD, Vincent Bolloré revient sur le licenciement de l'éditeur Olivier Nora.
- L'éditeur touchait, chez Grasset, un plantureux salaire.
Les milieux culturels français ont beaucoup parlé cette semaine du limogeage d’Olivier Nora de la direction de la maison d’édition Grasset.
Vincent Bolloré a apporté sa réponse aujourd’hui dans les colonnes du JDD et le dossier est plus compliqué qu’il n’y paraît.
Ainsi le patron industriel déclare-t-il : « Le 6 juin prochain, la maison Grasset aura la joie et l’honneur de sortir le nouveau livre de Boualem Sansal qui débarquera en librairie à cette date. Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l’année – ce qui était contraire à la volonté de la direction Hachette, qui est le réel propriétaire de Grasset. En entreprise comme en démocratie, la majorité décide in fine… Ce différend a eu lieu sur fond de performances économiques de la Maison Grasset très décevantes : le chiffre d’affaires, qui était de 16,5 millions d’euros en 2024, est descendu à 12 millions en 2025 et le résultat opérationnel, qui était de 1,2 million d’euros en 2024, a diminué de moitié pour ne représenter plus que 0,6 million en 2025. Pendant ce même temps, la rémunération annuelle d’Olivier Nora est passée de 830.000 euros à 1,017 million d’euros, et cette rémunération payée par Hachette n’a été facturée que pour moitié à Grasset, améliorant ainsi les charges apparentes de Grasset et donc son résultat ainsi présenté. »
Une décision économique, pas idéologique
Il rappelle également que Grasset, c’est 33 salariés sur 33.000 personnes : « Alors que la situation financière et sociale est actuellement réellement préoccupante, comment cette affaire peut-elle faire tant de vacarme ? » ajoute-t-il – preuve selon lui d’une certaine déconnexion d’un microcosme.
Vincent Bolloré rappelle que la maison Grasset continuera à permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés et il rappelle « Je suis chrétien-démocrate et les dirigeants d’Hachette continueront à publier tous les auteurs qui le souhaitent. »
Les résultats économiques de la maison Grasset semblent être donc plus à l’origine du licenciement que des prétendus motifs idéologiques.