Malaise au PTB : après Rachida Aït Alouha, un autre élu liégeois claque la porte
La démission fracassante de Rachida Aït Alouha continue de produire des secousses au sein du PTB. À Liège, bastion historique du parti, un autre élu local, Giacomo Bellavia, annonce à son tour son départ. Dans le même temps, l’ex-député wallon Jori Dupont apporte son soutien à la députée démissionnaire. Une série de prises de position qui alimentent le malaise autour du fonctionnement interne du parti de Raoul Hedebouw.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Après Rachida Aït Alouha, un élu communal liégeois quitte à son tour le PTB
- Giacomo Bellavia dénonce un manque de démocratie interne et une base peu écoutée
- Jori Dupont soutient publiquement Aït Alouha
- La succession de départs fragilise l’image du PTB dans son bastion liégeois
Le malaise semble s’installer et faire tache d'huile au sein du Parti du Travail de Belgique (PTB). Quelques heures après le départ de Rachida Aït Alouha, c’est au tour de Giacomo Bellavia, conseiller communal liégeois (Saint-Nicolas), d’annoncer sa démission du parti. Dans un message détaillé sur les réseaux sociaux, l’élu explique une décision « importante » et « mûrement réfléchie », motivée par un « sentiment de déception croissant quant au fonctionnement interne du parti ». « J’ai constaté un décalage entre les principes et certaines pratiques observées sur le terrain. » S’il réaffirme son engagement à gauche, Bellavia pointe un problème structurel : une organisation où, selon lui, la base militante n’a pas réellement de poids dans les décisions.
« Une vision qui ne correspond pas à mon engagement »
L’élément déclencheur, selon l’élu, remonte à une réunion interne au cours de laquelle il interroge le rôle des « groupes de base », censés incarner la participation militante. La réponse reçue agit comme un révélateur. « Elle laissait clairement entendre que les décisions ne provenaient pas réellement de la base. ». Un constat qui entre en contradiction frontale avec sa vision de l’engagement politique. « La démocratie interne, l’écoute et le respect des militants ne sont pas des principes secondaires : ils sont essentiels. » Dans la foulée, Giacomo Bellavia annonce qu’il poursuivra son mandat comme indépendant, tout en restant fidèle à ses valeurs de gauche.
L’onde de choc Aït Alouha
Ce nouveau départ intervient dans un contexte déjà tendu pour le PTB, après la sortie très critique de Rachida Aït Alouha. Dans un message largement relayé, la députée évoquait une organisation interne « qui broie l’humain », dénonçant des pressions et un fonctionnement éloigné des idéaux affichés. Des accusations graves, qui trouvent un écho dans les propos de Bellavia, même si le ton est plus mesuré.
Jori Dupont sort du silence
Autre élément notable : le soutien public de Jori Dupont à Rachida Aït Alouha. L’ancien député wallon, qui avait lui-même quitté le PTB il y a quelques mois, vient renforcer l’idée d’un malaise plus profond et durable. "Soutien total à Rachida qui quitte à son tour le PTB, insiste Jori Dupont dans un message sur Facebook. . Le scénario est connu : l'appareil va parler de trahison pour éviter de se regarder dans le miroir. Pourtant, la liste s'allonge de manière alarmante. El Mokadem Soulaimane à Bruxelles, Rudi Kennes à l'Europe, moi et maintenant Rachida. On ne peut pas ignorer les faits : 5 députés sortis en moins de 2 ans, sans compter les nombreux militants dégoûtés par les méthodes de l'appareil. On nous parle de discipline, mais il s'agit en réalité d'un dogmatisme idéologique qui écrase les individus jusqu'à l'épuisement. D'autres suivront", annonce le député qui siège désormais comme indépendant au parlement wallon. "La liberté d'action et la loyauté envers les citoyens passent parfois par la rupture avec les structures qui ne les respectent plus", conclut-il.. Cette convergence de critiques, venant d’anciens cadres et élus, fragilise le discours d’un parti qui met traditionnellement en avant sa discipline interne et sa cohérence idéologique.
Liège, le fief de Raoul Hedebouw, épicentre des tensions
Le fait que ces départs successifs se concentrent à Liège n’est pas anodin. La région constitue depuis longtemps un bastion du PTB, étroitement associé à la figure de Raoul Hedebouw. Voir émerger des critiques internes dans ce fief historique donne une portée particulière à la crise actuelle. Si le parti conserve une base électorale solide, ces départs à répétition pourraient entamer son image auprès des militants et des électeurs, notamment sur la question de la démocratie interne. Pour l’instant, la direction du PTB reste discrète face à cette série de défections. Mais l’accumulation de témoignages critiques pose une question centrale : s’agit-il de cas isolés ou du symptôme d’un problème structurel ?
Une chose est sûre : entre départs successifs, critiques internes et soutiens croisés, le parti traverse une zone de turbulences politiques, en plein cœur de son bastion.