« Retarder le FSD coûtera des vies » : comment Tesla met la pression sur l’Europe pour faire autoriser son système de conduite
Emails internes, lobbying auprès des régulateurs, mobilisation des propriétaires de Tesla et accusations de mettre des vies en danger : Reuters révèle l’ampleur de la campagne menée par Tesla pour obtenir le feu vert européen à son système FSD. Sept chercheurs contestent pourtant les preuves avancées par le constructeur.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Reuters révèle la campagne menée par Tesla pour faire autoriser son système FSD en Europe : pressions sur les régulateurs, mobilisation des clients et arguments de sécurité contestés par sept chercheurs.
Sommaire
- « Des vies sont en jeu »
- Sept chercheurs contestent les preuves avancées par Tesla
- Tesla voulait réduire l’intensité de l’examen néerlandais
- Des « objectifs partagés » avec le constructeur
- Des propriétaires de Tesla mobilisés contre les régulateurs
- Elon Musk s’en prend au ministre français
- Un vote européen désormais en ligne de mire
« Retarder l’approbation du FSD en France coûtera des vies. » C’est en ces termes qu’Elon Musk s’en était pris, en juillet dernier, à Philippe Tabarot, alors que le ministre français des Transports faisait part de ses réserves sur le système de conduite Full Self-Driving (FSD) de Tesla.
La formule résume une stratégie beaucoup plus vaste. Dans une longue enquête publiée mercredi, Reuters raconte comment Tesla mène depuis plusieurs mois une campagne particulièrement offensive pour convaincre les autorités européennes d’autoriser son système sur les routes de l’Union. Le constructeur ne se contente pas de défendre les performances de sa technologie auprès des autorités : il accuse publiquement les lenteurs réglementaires de retarder le déploiement d’une technologie qui permettrait, selon lui, de sauver des vies.
Le problème, révèle Reuters, est que les éléments scientifiques avancés par Tesla ne permettent pas d’étayer une affirmation aussi catégorique, selon sept chercheurs spécialisés dans la sécurité routière auxquels l’agence a soumis la méthodologie du constructeur.
L’enquête repose notamment sur des centaines de pages de correspondance entre Tesla et des régulateurs aux Pays-Bas, en Suède, en Norvège, au Danemark, en Estonie, en Italie et en Suisse. Elle montre également comment le constructeur a cherché à peser sur les modalités de l’évaluation menée par l’autorité néerlandaise RDW, dont l’approbation a ouvert la voie à un prochain vote à l’échelle européenne.
« Des vies sont en jeu »
L’enjeu est considérable pour Tesla. Son Full Self-Driving, malgré son nom, ne transforme pas encore ses voitures en véhicules totalement autonomes. Le système est officiellement désigné comme « Full Self-Driving (Supervised) » et impose au conducteur de rester attentif et prêt à reprendre immédiatement le contrôle du véhicule.
Tesla ambitionne néanmoins de devenir le premier constructeur à obtenir dans l’Union européenne l’autorisation d’un système avancé d’assistance permettant une conduite mains libres sur tous les types de routes. La réglementation actuelle limite de tels systèmes mains libres aux autoroutes.
Pour y parvenir, Elon Musk a choisi l’offensive. Lors de l’assemblée générale de Tesla en novembre dernier, le milliardaire avait raconté ses « conversations folles » avec les régulateurs européens, qu’il comparait à « un roman de Franz Kafka ».
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