Carburant : près d’un euro sur deux part en taxes en Belgique
Avec la flambée des prix liée aux tensions au Moyen-Orient, faire le plein coûte de plus en plus cher. Mais derrière le montant affiché à la pompe, une réalité s’impose : en Belgique, près de la moitié du prix payé par l’automobiliste correspond à des taxes.
Publié par Vanille Dujardin
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Résumé de l'article
- En Belgique, entre 45 % et 55 % du prix du carburant correspond à des taxes
- Les accises sont fixes par litre, tandis que la TVA augmente avec le prix
- Les différences de prix en Europe s’expliquent en grande partie par le niveau de taxation
En Belgique, le prix du carburant repose sur plusieurs composantes : le coût du pétrole brut, le raffinage, la distribution et la fiscalité. Selon les données du SPF Finances et du SPF Economie, les taxes représentent généralement entre 45 % et 55 % du prix payé à la pompe. Deux prélèvements dominent : d’une part les accises, un montant fixe appliqué par litre, et d’autre part la TVA de 21 %, calculée sur l’ensemble du prix. Particularité du système : la TVA s’applique aussi sur les accises, ce qui revient à taxer une taxe.
Deux taxes qui pèsent lourd
Contrairement à une idée répandue, la principale taxe ne varie pas avec les prix du marché. La taxe de consommation, autrement appelée les accises, sur les carburants est fixée par litre. Autrement dit, lorsque les prix du pétrole augmentent, cette composante fiscale reste inchangée.
La situation est différente pour la TVA. Parce qu’elle est proportionnelle au prix, elle augmente mécaniquement lorsque les carburants deviennent plus chers. Cela peut générer des recettes supplémentaires à court terme pour les finances publiques. Cette hausse peut représenter plusieurs centaines de millions d’euros si les prix restent durablement élevés.
Prenons un exemple concret. Pour un litre d’essence à 1,80 euro : environ 0,60 euro correspond aux accises, et près de 0,30 euro à la TVA. Au total, cela représente autour de 0,90 euro de taxes. Autrement dit, près de la moitié du prix payé par l’automobiliste ne correspond ni au pétrole ni à sa distribution, mais à la fiscalité.
Une hausse des prix liée aux tensions géopolitiques
La récente flambée des prix du carburant s’inscrit dans un contexte international tendu. Depuis les frappes au Moyen-Orient et les perturbations autour du détroit d’Ormuz, les marchés de l’énergie sont sous pression. Le prix du pétrole brut a fortement réagi, entraînant une hausse du coût des produits raffinés en Europe. Or, c’est cette composante qui influence directement le prix à la pompe.
Selon les dernières données de la Commission Européenne, les prix à la pompe varient fortement au sein de l’Union, en grande partie à cause des différences de taxation. Par exemple, le litre d’essence dépasse les 2 euros aux Pays-Bas (2,17 €) et en Allemagne (2,08 €), tandis qu’il reste autour de 1,27 € en Bulgarie. En Belgique, le prix du litre d’essence avoisine actuellement les 2 euros, selon les dernières données disponibles du SPF Economie. Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par le pétrole, dont le prix est globalement le même en Europe, mais surtout par le niveau des taxes appliquées par chaque État.
Mais quel que soit le niveau des prix, la structure reste la même : près d’un euro sur deux payé à la pompe revient à l’État.
Et maintenant ?
Si le poids des taxes dans le prix du carburant est structurel, leur utilisation fait débat. Dans une tribune récente dans Le Point, des experts en énergie estiment que plusieurs milliards d’euros pourraient être rendus aux automobilistes sans creuser le déficit public, notamment en ajustant certains mécanismes fiscaux ou en redistribuant une partie des recettes supplémentaires liées à la hausse des prix.
Selon leurs calculs, de telles mesures pourraient réduire le prix du litre de carburant de plus de 20 centimes, tout en préservant l’équilibre des finances publiques. Le débat reste ouvert.