Ukraine : l’Europe refuse de laisser Poutine choisir son interlocuteur
Face à la proposition de Poutine de voir Gerhard Schröder représenter l’Europe dans d’éventuelles négociations sur l’Ukraine, les ministres européens des Affaires étrangères ont opposé une fin de non-recevoir. Kaja Kallas avertit l’UE : Moscou cherche à imposer son jeu diplomatique et à diviser les Européens.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Réunis à Chypre, les ministres européens des Affaires étrangères ont rejeté la tentative de Vladimir Poutine d’influencer le choix d’un éventuel négociateur européen sur l’Ukraine.
Les Européens veulent bien parler de paix. Mais pas aux conditions de Moscou. Réunis à Chypre, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont rejeté jeudi la tentative de Vladimir Poutine de peser sur la future représentation européenne dans d’éventuelles négociations autour de la guerre en Ukraine. Le président russe avait suggéré que l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, proche de longue date du Kremlin, puisse incarner l’Europe à la table des discussions. La réponse européenne a été nette : ce n’est pas la Russie qui choisira la voix du continent.
« L’Europe décidera du nom du négociateur, et pas M. Poutine », a résumé le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. Une formule simple, mais qui marque une ligne rouge essentielle.
Car derrière la question apparemment technique du choix d’un émissaire se joue un enjeu beaucoup plus vaste : l’Europe peut-elle entrer dans une négociation avec la Russie sans se laisser enfermer dans le scénario voulu par Moscou ?
Le piège de Moscou
Pour Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, la manœuvre russe est transparente. En proposant lui-même un nom, qui plus est celui de Gerhard Schröder, Vladimir Poutine cherche moins à faciliter un dialogue qu’à diviser les Européens, détourner le débat de fond et imposer les termes politiques de la discussion avant même qu’elle ne commence.
« C’est un piège dans lequel la Russie veut nous faire tomber », a averti l’ancienne Première ministre estonienne.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter