Un policier bruxellois : « On constate un avant et un après Julien Moinil »
Publié par Maxence Dozin
• Mis à jour le
Dans un climat sécuritaire de plus en plus tendu dans la capitale – comme en témoignent les avertissements du procureur du Roi Julien Moinil – ainsi que les fusillades de ces derniers jours, nos confrères de La Libre ont recueilli le témoignage d’un policier de la zone Bruxelles-Ouest, qui s’est épanché sur ses vingt années de carrière. Morceaux choisis.
« Pendant mes 15 premières années à la police, les coups de feu sont restés relativement rares », se souvient-il. « Désormais, ils sont très fréquents. Cela change quand même pas mal les choses (…). La charge de travail a énormément augmenté, parce qu'une fusillade monopolise beaucoup de personnel et demande énormément de temps d'intervention ».
La problématique des coups de feu, et des individus qui en sont à la source, ne facilite pas le travail… ni le moral : « Le gilet pare-balles, on sait que ce n'est pas la panacée face aux armes de guerre, comme les kalachnikovs, qui sont utilisées par ces jeunes… Il faut donc veiller à ne pas se mettre en danger inutilement. Mais il faut faire le travail… »
« L'appât du gain guide ces gens. Ils n'ont plus de limites, il n'y a plus de garde-fou ».
Le policier aborde en suite un point de vue assez peu abordé dans la presse généraliste : celui – pour les petites mains – de l’appât du gain et, plus largement, de la guerre pour le contrôle des zones de territoire : « Ce n'est pas la police qui est visée dans le contexte actuel. Un leader de gang va plutôt décider que son rival doit disparaître ». « Il va alors proposer une certaine somme d'argent et une arme à un jeune – particulièrement à un mineur non accompagné – pour régler le problème », explique-t-il. « Ce jeune ne va pas réfléchir longtemps : il va mettre sa capuche, monter sur une trottinette ou une moto volée et accomplir sa mission pour empocher ses 3.000 euros. L'appât du gain guide ces gens. Ils n'ont plus de limites, il n'y a plus de garde-fou ».
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