Un tapis de lentilles d’eau envahit les voies navigables de Gand
À Gand, les lentilles d’eau recouvrent les canaux après un été exceptionnellement chaud et sec. Cette prolifération inquiète pour ses effets sur le milieu aquatique et perturbe certains bateaux touristiques.
Publié par A JS
Résumé de l'article
La prolifération de lentilles d’eau touche surtout la Lys et ses ramifications à Gand. Favorisée par la chaleur et le manque de pluie, elle réduit la lumière dans l’eau et gêne le refroidissement de certains moteurs. Les excursions continuent, mais le phénomène pourrait persister plusieurs semaines.
Un tapis vert recouvre plusieurs voies d’eau de Gand, transformant le paysage du centre historique. Des lentilles d’eau prolifèrent à la surface, favorisées par la chaleur persistante et le manque de pluie. Le phénomène touche principalement la Lys et ses ramifications dans la ville flamande.
Cette rivière prend sa source dans le nord de la France avant de rejoindre l’Escaut à Gand. Ses différents bras rendent la prolifération particulièrement visible, notamment sur les parcours des bateaux touristiques.
Geert Weymeis, porte-parole des Voies navigables de Flandre, décrit auprès de l’AFP une ampleur inhabituelle. Généralement présentes dans les eaux stagnantes, ces petites plantes flottantes gagnent désormais des secteurs beaucoup plus étendus. Selon lui, les voies navigables concernées n’avaient jamais connu un développement aussi massif.
Les lentilles d’eau profitent de la chaleur
La douceur de septembre a prolongé les conditions favorables à leur croissance. Elle succède à un été exceptionnellement chaud, marqué également par un déficit de pluie. Cette combinaison explique, selon les observations rapportées par l’AFP, l’expansion actuelle du tapis végétal.
La dépêche cite une température moyenne estivale de 20,3 °C, d’après l’Institut royal météorologique. Ce chiffre, calculé pour juin, juillet et août, dépasserait le précédent record de 19,9 °C établi en 2018.
Les lentilles d’eau sont des plantes aquatiques, et non des algues. Elles se multiplient rapidement et affectionnent généralement les eaux calmes. La disponibilité de nutriments, notamment l’azote et le phosphore, peut également accélérer leur croissance.
Cette dernière caractéristique constitue un facteur général de prolifération. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une pollution particulière des canaux gantois. Le reportage ne fournit pas d’analyse locale des nutriments présents dans l’eau.
Un écran végétal pour le milieu aquatique
La plante n’est pas toxique, mais une couverture aussi dense peut perturber l’équilibre aquatique. Elle limite notamment la lumière disponible pour les végétaux immergés. Ceux-ci contribuent à l’oxygénation de l’eau et abritent différentes espèces.
Les lentilles d’eau remplissent aussi une fonction naturelle dans les écosystèmes. Elles nourrissent certains oiseaux aquatiques et offrent un abri à de petits animaux. C’est leur développement excessif qui peut poser problème, en réduisant la lumière et l’oxygénation sous le tapis.
À Gand, les informations disponibles ne permettent pas de chiffrer les conséquences écologiques de l’épisode. Geert Weymeis avertit cependant que la couverture pourrait persister plusieurs semaines. Une baisse sensible des températures devrait freiner sa progression.
Des moteurs exposés à la surchauffe
Les excursions touristiques continuent malgré la présence des plantes. Leur caractère non toxique ne constitue pas, en lui-même, un danger pour les passagers. Les professionnels de la navigation signalent néanmoins des difficultés techniques.
Davide Siddi, employé du secteur, explique que certains moteurs aspirent l’eau des canaux pour leur refroidissement. Les lentilles peuvent gêner cette aspiration et augmenter le risque de surchauffe. Selon son témoignage à l’AFP, plusieurs bateaux sont déjà tombés en panne depuis un mois.
Sur les quais, le paysage suscite des réactions partagées. L’étudiant Ramzi Salhi trouve le spectacle beau, mais préoccupant. Laura Janssens, également étudiante en architecture, exprime son inquiétude face aux effets du réchauffement climatique.
La chaleur et le déficit de pluie offrent ici des conditions favorables à la prolifération. Attribuer précisément l’ampleur de cet épisode au changement climatique demanderait toutefois une étude spécifique.
Pour les bateliers comme pour le milieu aquatique, l’évolution des températures reste désormais déterminante.