« Vos boutiques, c'est bien mignon » : Lola-Fleur Whittaker épinglée par la presse anglo-saxonne pour ses contradictions
Après sa sortie controversée sur les commerces pillés, Lola-Fleur Whittaker attire l'attention de la presse étrangère. Le New York Post souligne le contraste entre son discours sur la précarité et ses voyages à l'étranger. Le Spectator britannique lui consacre, de son côté, un portrait particulièrement mordant.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le New York Post et le Spectator s'intéressent à Lola-Fleur Whittaker après sa polémique sur LCI, entre voyages à l'étranger et discours sur les pillages.
Sommaire
- « Vos boutiques, c'est bien mignon » : une phrase qui traverse l'Atlantique
- Des vacances à Oman, en Grèce ou en Malaisie : le New York Post ironise
- Le Spectator : une nouvelle incarnation de la militante révolutionnaire
- Un regard étranger particulièrement sévère
- Au-delà des voyages, la question des victimes des pillages
La polémique autour de Lola-Fleur Whittaker a franchi les frontières françaises. Après son intervention remarquée sur LCI, le 19 octobre, la jeune militante proche de La France insoumise fait désormais l'objet d'articles dans la presse anglo-saxonne qui s'intéresse au décalage entre le discours de l'étudiante de Sciences Po Paris, qui a minimisé les conséquences des pillages devant des commerçants sinistrés, et le parcours personnel qu'on lui attribue.
« Vos boutiques, c'est bien mignon » : une phrase qui traverse l'Atlantique
À l'origine de cette controverse, une séquence de La Grande Confrontation, sur LCI. Face à des commerçants touchés par les violences du 17 octobre, Lola-Fleur Whittaker défend une lecture sociale des émeutes. Au cours de l'échange, elle lance : « Vos boutiques, c'est bien mignon. »
Une formule qui provoque la réaction de Jhemima Sheilha, entrepreneuse dont des établissements ont été pillés. « Mais c'est ma vie, Lola », lui répond cette dernière, rappelant les conséquences concrètes des destructions pour ceux qui possèdent et font vivre ces commerces.
Le New York Post, qui revient sur cette confrontation présente l'intervention de l'étudiante comme révélatrice d'un mépris à l'égard des victimes des émeutes.
Le journal s'attarde également sur son parcours militant : déjà engagée auprès de La France insoumise, Lola-Fleur Whittaker produit des contenus politiques sur les réseaux sociaux et a notamment participé à une rencontre de Jean-Luc Mélenchon avec des influenceurs.
Des vacances à Oman, en Grèce ou en Malaisie : le New York Post ironise
Le quotidien américain a surtout retenu les photos publiées par Lola-Fleur Whittaker sur Instagram. Le journal évoque plusieurs voyages, notamment en Sicile, en Grèce, en Malaisie, en Égypte et à Oman.
Ces images ont alimenté une polémique sur les réseaux sociaux, certains internautes y voyant une contradiction entre les conditions de vie suggérées par ces séjours et le discours de l'étudiante sur la précarité.
Sur LCI, la jeune femme avait notamment évoqué les difficultés financières de sa mère, enseignante, pour illustrer les problèmes économiques rencontrés par les Français. Le New York Post confronte ce témoignage aux images de vacances de l'étudiante, avec une ironie appuyée.
Cette comparaison appelle toutefois une nuance : voyager à l'étranger ne permet pas, en soi, de déterminer la fortune d'une personne ou celle de sa famille. Lola-Fleur Whittaker a d'ailleurs contesté les conclusions tirées de ces photographies, expliquant notamment que certains séjours avaient été facilités par des amis ou financés par un ancien compagnon.
La polémique n'en témoigne pas moins de la défiance suscitée par son intervention télévisée, particulièrement auprès de ceux qui ont estimé que la souffrance des commerçants était minimisée.
Le Spectator : une nouvelle incarnation de la militante révolutionnaire
Deux jours après le New York Post, le Spectator consacre à son tour un article à la jeune Française. Sous le titre Lola-Fleur and the long tradition of radical babes, l'écrivain et chroniqueur Sean Thomas propose une analyse satirique de la place occupée par certaines jeunes militantes dans l'imaginaire politique.
L'auteur présente Lola-Fleur Whittaker comme l'héritière d'une longue tradition de figures féminines associant jeunesse, visibilité médiatique et engagement radical.
Pour développer cette idée, il convoque des références aussi différentes que Charlotte Corday, la militante palestinienne Leila Khaled, l'ancienne députée nord-irlandaise Bernadette Devlin ou encore Patty Hearst.
Ces rapprochements ne portent pas sur des responsabilités ou des parcours équivalents : ils servent à illustrer la thèse du chroniqueur sur les rapports entre apparence, célébrité et radicalité politique.
Sean Thomas étend d'ailleurs son raisonnement à des personnalités contemporaines de sensibilités opposées, citant notamment plusieurs responsables politiques françaises de gauche et de droite.
Le texte, volontiers provocateur, s'intéresse ainsi moins aux propositions de Lola-Fleur Whittaker qu'à la manière dont une personnalité politique peut devenir un phénomène médiatique.
Un regard étranger particulièrement sévère
Le Spectator revient néanmoins sur la confrontation télévisée à l'origine de la controverse. Sean Thomas décrit une jeune militante issue, selon lui, d'un milieu favorisé, défendant les émeutiers devant des commerçants ayant subi des pillages.
L'auteur juge sa connaissance de l'histoire sélective et présente son intervention comme un mélange de convictions politiques, d'assurance personnelle et de condescendance.
La séquence de LCI a ainsi dépassé le cadre d'une polémique télévisuelle française pour devenir, dans certains médias étrangers, un sujet de réflexion sur les contradictions sociales et les codes de la gauche radicale.
Au-delà des voyages, la question des victimes des pillages
L'ironie du New York Post et les provocations du Spectator ne doivent cependant pas faire oublier le point de départ de cette affaire.
La controverse est née d'une confrontation entre une militante défendant une interprétation sociale des émeutes et des commerçants confrontés aux conséquences matérielles des violences.
On peut reconnaître la réalité de la pauvreté étudiante, des difficultés économiques et du sentiment d'injustice qui anime certains manifestants sans minimiser les pertes subies par les victimes des pillages.
C'est cette tension que la phrase « Vos boutiques, c'est bien mignon » a cristallisée. Et c'est désormais jusque dans la presse américaine et britannique que cette confrontation, révélatrice des fractures du débat français, continue de susciter des commentaires.