« Ce qu'ils ont fait en 3 semaines, c’est mieux que nous en des années » : une politologue félicite les lycéens après les émeutes du 17 octobre
Des motos volées dans la joie, des marchandises pillées puis redistribuées, des rues « transformées en carnaval » : dans une émission de lundimatin, plusieurs intervenants célèbrent les émeutes. Samuel Hayat et Eugénie Mérieau participent à cette discussion où le pillage est présenté comme un geste de libération politique.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Sur lundimatin, des intervenants célèbrent les pillages comme des moments de joie et de communisme. Samuel Hayat et Eugénie Mérieau participent au débat.
Sommaire
- Des motos volées dans l'allégresse : « Bravo, bravo ! »
- Samuel Hayat : le pillage comme « réparation »
- « Un pillage, c'est un acte politique plus concret qu'une revendication »
- Eugénie Mérieau : « C'est révolution ou fin du monde »
- Quand le discours universitaire rencontre la justification de la casse
Alors que les destructions et les pillages du mois d'octobre ont laissé derrière eux des commerçants sinistrés et des quartiers dévastés, une émission du média militant lundimatin propose une interprétation pour le moins déconcertante de ces violences : les vols y deviennent des actes de générosité, les motos dérobées des occasions de réjouissance collective et les pillages une « expérience de communisme ».
À la discussion, consacrée aux émeutes urbaines du 17 octobre et à leurs suites, on relève la participation de deux universitaires : Samuel Hayat, chercheur au CNRS, et Eugénie Mérieau, universitaire spécialiste du droit public. Deux autres intervenants, dont les noms ne figurent pas dans la présentation de l'émission, prennent également la parole.
Leurs propos ne sont pas tous identiques. Mais plusieurs passages dépassent largement la simple analyse des causes sociales des émeutes pour exprimer une approbation explicite des pillages.
🔴 Éloge du pillage : "Un pillage c'est un acte politique plus concret qu'une revendication politique."
— French Carcan (@FrenchCarcan) October 22, 2026
✅ Un cénacle d'intellectuels marxistes subventionnés, célèbre les pillages comme un magnifique "éphémère moment de communisme". Nous pouvons identifier la piquante Eugénie… pic.twitter.com/kAW2NAAqYb
Des motos volées dans l'allégresse : « Bravo, bravo ! »
C'est sans doute le passage le plus saisissant de l'émission. Un des deux intervenants anonymes raconte avoir assisté, lors des troubles, à des scènes de pillage qu'il décrit avec un enthousiasme manifeste.
« Évidemment, des jeunes pauvres, quand ils peuvent se réapproprier des marchandises, évidemment ils le font. Et évidemment ils ont tout à fait raison de prendre du Vuitton plutôt que des trucs de mauvaise marque », affirme-t-il.
L'homme poursuit en évoquant des individus qui auraient vidé un concessionnaire de motos, avant de parvenir à démarrer certains véhicules et de s'élancer au milieu de la foule. « Bravo, bravo », lance-t-il en racontant les acclamations. « Les gens vraiment s'amusaient dans les rues. C'était l'ambiance générale », assure-t-il encore.
Le pillage devient, dans sa description, une fête populaire : « C'était carnaval, la blague et la générosité. » Il explique que les marchandises volées auraient été immédiatement redistribuées, avant de conclure que le pillage contient une possibilité de « générosité » et de « communisme » particulièrement puissante.
Samuel Hayat : le pillage comme « réparation »
Samuel Hayat, chercheur au CNRS et spécialiste des mouvements sociaux, propose pour sa part une interprétation politique des pillages.
Selon lui, l'attrait pour les marchandises peut coexister avec « la joie de ne plus étouffer » et le sentiment d'accomplir, par le pillage, un geste libérateur. Il y voit également une forme de réparation.
« Puisqu'on ne peut pas obtenir une vraie réparation pour ce qu'on nous a fait, on va aller se servir », explique-t-il en restituant ce qu'il présente comme le raisonnement des participants. Mais de quelle réparation parle-t-on lorsque les biens saisis appartiennent à des personnes qui ne sont pas nécessairement responsables des injustices dénoncées ?
« Un pillage, c'est un acte politique plus concret qu'une revendication »
L'autre intervenant anonyme pousse plus loin encore cette interprétation. Il raconte avoir assisté à une scène au cours de laquelle des téléphones étaient lancés depuis une fenêtre à une foule enthousiaste. À ses yeux, ces objets auraient été soustraits à la circulation marchande ordinaire pour être « libérés ».
Il évoque alors un moment d'« éphémère communisme ». Puis vient cette affirmation : « Un pillage, c'est un acte politique plus concret, plus en actes, peut-être sans phrase, qu'une revendication politique. »
La formule résume une conception de l'action politique dans laquelle la prise de marchandises devient une expression directe de la contestation sociale.
Eugénie Mérieau : « C'est révolution ou fin du monde »
La discussion prend une dimension plus théorique avec Eugénie Mérieau. L'universitaire décrit une jeunesse frappée par la précarité, confrontée à l'effondrement de la promesse d'ascension sociale et convaincue de vivre sous la menace d'une catastrophe écologique.
Elle évoque notamment la pauvreté étudiante, les files d'attente devant les services d'aide alimentaire et l'inquiétude de jeunes qui ne croient plus à la possibilité d'une amélioration progressive de leurs conditions de vie.
Mais son raisonnement débouche sur une alternative particulièrement radicale. « C'est socialisme ou barbarie, enfin c'est révolution ou fin du monde », affirme-t-elle.
Selon elle, le grand récit de la modernité, fondé sur le progrès, l'amélioration des droits et la promesse d'un avenir meilleur, se serait effondré. Le contrat social aurait perdu sa force parce que les nouvelles générations ne croiraient plus à la possibilité d'obtenir progressivement ce qui leur a été promis.
C'est dans ce contexte qu'elle interprète la radicalisation politique de la jeunesse. Elle décrit les jeunes comme les acteurs d'un changement d'époque et termine sur une appréciation particulièrement significative. « Ce que les lycéens ont fait là en trois semaines, c'est mieux que nous pendant je sais pas combien d'années. »
Ce que les lycéens ont fait là en trois semaines, c'est mieux que nous pendant je sais pas combien d'années.
Eugénie Mérieau
Eugénie Mérieau ne dit pas explicitement qu'elle approuve chaque incendie ou chaque pillage. Elle inscrit néanmoins les mobilisations récentes dans une dynamique révolutionnaire qu'elle présente favorablement, sans distinguer clairement, dans cette conclusion, les formes pacifiques de contestation des violences qui les ont accompagnées. Une distinction pourtant indispensable lorsque l'on entend analyser les événements sans confondre engagement politique et actes délictueux.
Quand le discours universitaire rencontre la justification de la casse
La controverse tient aussi au cadre dans lequel ces déclarations sont formulées. Samuel Hayat et Eugénie Mérieau ne sont pas de simples commentateurs anonymes : ils appartiennent au monde de la recherche et de l'enseignement supérieur. Leur participation à une discussion de cette nature ne signifie pas qu'ils approuvent tous les propos des autres intervenants. Elle donne néanmoins à ces analyses une visibilité particulière.
Le rapprochement avec les déclarations récentes d'Édouard Louis est frappant. Le 10 octobre, l'écrivain affirmait sur Radio-Canada être favorable aux incendies et aux destructions dans la rue pour transformer la société.
Dans l'émission de lundimatin, le pillage est tour à tour présenté comme une fête, une réparation, une libération de la marchandise et un acte politique.