97 % ont déjà travaillé malades : ce que révèle cette enquête sur les indépendants belges
Tomber malade ne signifie pas forcément s’arrêter pour les indépendants belges. Selon une enquête de Xerius, 97 % ont travaillé au moins une fois alors qu’ils étaient malades au cours des deux dernières années. En moyenne, ils travailleraient ainsi 22 jours par an malgré leur état de santé.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- 97 % des indépendants interrogés ont déjà travaillé en étant malades au cours des deux dernières années, pour une moyenne proche de 22 jours par an.
- La perte de revenus est la principale raison invoquée : elle est citée par 63 % des entrepreneurs qui continuent à travailler lorsqu’ils sont malades.
- L’indemnité d’incapacité reste peu utilisée et mal connue : 19 % en ont déjà bénéficié et seuls 16 % connaissent son montant, même approximativement.
Continuer à travailler avec un rhume, une migraine, un mal de dos, voire avec de la fièvre : la pratique semble largement répandue chez les indépendants belges. Une enquête menée en 2026 par Xerius auprès de 2.282 entrepreneurs montre que 97 % d’entre eux ont travaillé au moins une fois alors qu’ils étaient malades durant les deux années précédentes.
Parmi les entrepreneurs concernés, plus de trois sur quatre (77 %) se sont rendus dans leur commerce ou leur entreprise malgré leur état de santé. Quatre sur dix (39 %) ont également travaillé depuis leur domicile, les deux situations pouvant se cumuler.
Selon l’étude, les indépendants qui poursuivent leur activité en étant malades le font en moyenne durant un peu moins de 22 jours par an. Deux tiers des répondants (67 %) disent par ailleurs travailler souvent malgré des douleurs.
Même un mal-être psychologique n’entraîne pas forcément un arrêt
Tout dépend évidemment du problème de santé. Mais les affections courantes conduisent rarement les indépendants interrogés à interrompre complètement leur activité.
Ils sont ainsi 82 % à continuer à travailler lorsqu’ils sont enrhumés, 78 % en cas de douleurs dorsales et 76 % lorsqu’ils souffrent de maux de tête ou de migraines. Pour les maux de ventre, la proportion atteint encore 73 %.
Le phénomène concerne également la santé mentale : 74 % des personnes interrogées déclarent poursuivre leur activité lorsqu’elles ne se sentent pas bien psychologiquement.
Même la fièvre ou la grippe ne signifient pas nécessairement un arrêt total, même si une partie des entrepreneurs adapte alors son organisation. Près d’un tiers (31 %) travaillent dans ce cas depuis leur domicile.
La perte de revenus, première inquiétude
Pourquoi continuer à travailler lorsque l’on est malade ? La première explication avancée est financière. Parmi les entrepreneurs concernés, 63 % disent vouloir éviter une perte de revenus.
La crainte de voir le travail s’accumuler arrive juste derrière, citée par 58 % des répondants. Près de la moitié (47 %) considèrent également leur présence comme indispensable au bon fonctionnement de leur activité, tandis que 45 % craignent de décevoir leurs clients.
« Pour eux, tomber malade n'est pas seulement une question de santé : les conséquences pratiques et financières sont aussi une source de stress. Les revenus disparaissent, le travail s'accumule et les clients comptent sur eux », explique Stéphanie Gowenko, responsable de Xerius en Wallonie.
Elle souligne toutefois que « une large majorité (82 %) est consciente de l'importance de prendre soin de soi lorsqu'on est malade afin de se rétablir plus vite ».
Moins d’un indépendant sur cinq a déjà demandé une indemnité
L’étude pointe aussi un recours limité à l’indemnité légale d’incapacité de travail. Seuls 19 % des indépendants interrogés disent en avoir déjà bénéficié.
Les différences régionales restent limitées : 21 % en Wallonie, 20 % en Flandre et 17 % à Bruxelles.
Parmi ceux qui ont déjà eu recours au dispositif, la durée moyenne d’indemnisation est inférieure à sept jours par an. Pour la moitié des bénéficiaires, elle ne dépasse même pas deux jours. Quelques incapacités de longue durée contribuent donc à relever la moyenne.
« Moins d'un indépendant sur cinq a déjà bénéficié de l'indemnité légale d'incapacité de travail. Pour la moitié d'entre eux, cela ne représente que deux jours par an », relève Stéphanie Gowenko.
Une indemnité encore largement méconnue
Ce faible recours peut aussi s’expliquer par un manque d’information. Selon Xerius, seule la moitié des indépendants interrogés savent qu’ils peuvent percevoir une indemnité lorsqu’ils sont malades.
Et seuls 16 % connaissent, même approximativement, le montant auquel ils pourraient prétendre. Plus de huit indépendants sur dix ignorent donc le montant de leur couverture légale.
Depuis le 1er septembre 2026, selon les montants communiqués par Xerius, l’indemnité brute s’élève à 50,28 euros par jour pour un cohabitant, 65,56 euros pour une personne isolée et 82,64 euros pour une personne ayant charge de famille.
L’indemnisation à partir du premier jour n’est toutefois possible que lorsque l’incapacité de travail reconnue dépasse sept jours. Pour une incapacité de sept jours ou moins, aucune indemnité n’est due.
« L'indemnité légale d'incapacité de travail constitue un filet de sécurité important, mais elle ne remplace pas les revenus professionnels habituels », souligne Xerius.
L’étude a été réalisée en ligne entre le 22 avril et le 20 mai 2026 auprès de 2.282 entrepreneurs belges. Les résultats ont été pondérés par région afin d’être représentatifs des entrepreneurs en Belgique, selon Xerius, qui annonce une marge d’erreur de 2,04 %.