Mineurs délinquants : Valérie Bluge (MR) réclame le bracelet électronique face à la pénurie de places en IPPJ
Après la remise en liberté de seize mineurs interpellés lors des violences du 9 octobre à Bruxelles, la députée MR wallonne Valérie Bluge appelle la ministre Valérie Lescrenier à expérimenter la surveillance électronique pour certains jeunes délinquants. Elle s'appuie sur les premiers résultats d'un dispositif déjà testé en Flandre.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Face au manque de places en IPPJ, Valérie Bluge (MR) demande à Valérie Lescrenier d'expérimenter le bracelet électronique pour certains mineurs.
La pénurie de places dans les institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ) suscite une nouvelle initiative politique. Dans un communiqué diffusé ce lundi 12 octobre, la députée wallonne MR Valérie Bluge demande à la ministre de l'Aide à la jeunesse, Valérie Lescrenier (Les Engagés), de préparer sans délai un projet pilote de surveillance électronique pour certains mineurs en conflit avec la loi.
Cette proposition arrive après les violences survenues vendredi à Bruxelles. Seize mineurs soupçonnés de faits graves ont été remis en liberté faute de places disponibles, alors qu'un placement en IPPJ avait été requis pour huit d'entre eux, selon le communiqué.
« Combien de fois faudra-t-il encore entendre qu'un mineur soupçonné de faits graves a été remis en liberté faute de place ?, s'indigne Valérie Bluge. La police fait son travail, les magistrats prennent des décisions, mais celles-ci restent parfois inexécutées. »
Une liste d'attente qui a presque doublé
Selon les chiffres du parquet de Bruxelles repris par la députée, le nombre de mineurs en attente d'une place en régime fermé est passé de 148 début juin à 283 en octobre. Certains attendraient depuis six mois.
Pour Valérie Bluge, cette situation impose de développer des solutions complémentaires aux placements institutionnels.
Elle cite l'exemple de la Flandre, qui expérimente depuis juin 2024 la surveillance électronique pour certains mineurs délinquants. D'après les données présentées dans son communiqué, 97 procédures ont été engagées entre juin 2024 et décembre 2025, dont 80 % se seraient achevées avec succès. Le dispositif doit progressivement être étendu à 300 jeunes en 2026.
Un bracelet assorti d'un encadrement éducatif
Le modèle flamand ne se limite pas à imposer un bracelet électronique. Il prévoit également des horaires contrôlés, des obligations scolaires ou de formation, un accompagnement éducatif intensif et une implication des parents.
Au moins deux contacts hebdomadaires sont organisés, dont un en présence du jeune et de sa famille. En cas de manquement grave, le juge peut décider d'une autre mesure, notamment d'un placement en institution.
« La surveillance électronique ne remplace pas les IPPJ. Elle peut constituer une réponse complémentaire pour certains jeunes, en associant contrôle, responsabilisation et accompagnement éducatif », précise la députée.
Valérie Bluge avance également un argument financier. Selon les estimations qu'elle cite, un placement en IPPJ représenterait entre 600 et plus de 820 euros par jour, contre environ 38 euros pour la surveillance électronique dans le système pénal des adultes. Elle reconnaît toutefois que ces montants ne sont pas directement comparables, le suivi éducatif spécifique aux mineurs devant être ajouté au coût du bracelet.
La députée demande à Valérie Lescrenier, compétente à la fois pour les Maisons de justice et l'Aide à la jeunesse, de réunir les administrations, les magistrats et les acteurs de terrain afin de définir les conditions d'une expérimentation en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le projet devrait, selon elle, reposer sur des critères judiciaires stricts, un encadrement éducatif renforcé et une évaluation indépendante.