L’Iran traverse l’un de ses moments intérieurs les plus périlleux depuis des années. Depuis la fin décembre, une vague de manifestations s’est propagée de Téhéran aux grandes villes de province, jusqu’aux périphéries longtemps tenues à l’écart des secousses politiques. Face à cette montée en puissance, les autorités ont opté pour une arme désormais classique mais toujours lourde de conséquences : la coupure quasi totale de l’internet. Un signal clair de fébrilité, au moment où le régime affronte à la fois une contestation sociale enracinée et un environnement stratégique profondément dégradé.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’Iran s’est retrouvé largement isolé du réseau mondial. Les sites d’information iraniens sont devenus inaccessibles, les applications de messagerie ont cessé de fonctionner et les vidéos circulant sur les réseaux sociaux n’ont plus pu être vérifiées indépendamment. Selon NetBlocks, organisme spécialisé dans la surveillance du trafic numérique, le pays est entré dans un blackout national, après une série de mesures de censure graduelles ciblant les foyers de protestation.
Cette décision intervient alors que des rassemblements d’ampleur ont été observés à Téhéran, Ispahan, Machhad, Tabriz ou encore Abadan. Les images diffusées avant la coupure montrent des foules importantes, des slogans explicitement hostiles au pouvoir et des affrontements avec les forces de sécurité. « Mort au dictateur » est devenu l’un des cris les plus répétés, visant directement le guide suprême.
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