À force de se concentrer sur les « violences policières » plutôt que sur celles des casseurs et des émeutiers, la gauche perdra les élections.
L'extrême-gauche et la gauche radicale se concentrent de plus en plus sur les "violences policières" au lieu de celles des casseurs et des émeutiers. A force d'être dans le déni, la gauche va encore perdre des électeurs, selon André Marchand, consultant, qui livre son opinion dans une carte blanche.
Publié par Contribution Externe
Un débat secoue aujourd’hui la gauche belge. Au centre des tensions : les fameuses « violences policières ». Le PTB, Ecolo et une partie du Parti socialiste semblent vouloir en faire une priorité politique. Mais à force de regarder la police, certains finissent par oublier ceux qui cassent, incendient, agressent et terrorisent les citoyens.
Le paradoxe est saisissant : à Bruxelles comme à Liège, les bourgmestres chargés de maintenir l’ordre sont socialistes. Philippe Close à Bruxelles-Ville, Willy Demeyer à Liège. Et pendant que certains élus de gauche dénoncent les méthodes policières de corps de police sous le contrôle du PS, ces deux bourgmestres doivent assumer une responsabilité bien concrète : empêcher que leurs villes ne deviennent le terrain de jeu des casseurs.
Car gouverner une ville, ce n’est pas commenter les événements depuis un banc de député. C’est devoir prendre des décisions lorsque des commerces sont attaqués, que des voitures sont saccagées, que des projectiles volent et que des policiers tentent de rétablir le calme.
C’est toute la difficulté du débat qui traverse aujourd’hui le PS. D’un côté, des élus veulent mettre l’accent sur les violences policières. De l’autre, des bourgmestres confrontés à la réalité du terrain rappellent qu’il faut pouvoir maintenir l’ordre. Cette fracture révèle une question fondamentale : une partie de la gauche a-t-elle perdu de vue les préoccupations quotidiennes des citoyens ?
Que feraient-ils à la place des policiers ?
Posons une question simple à ceux qui dénoncent avec tant d’insistance les interventions policières : que proposent-ils concrètement à la place ?
Que doit faire un policier lorsqu’il reçoit une pierre sur la tête ? Comment doit-il réagir lorsqu’une bouteille en verre est lancée dans sa direction ? Que peut-il faire lorsqu’il fait face à des individus qui lancent des cocktails Molotov, détruisent du mobilier urbain ou s’en prennent aux forces de l’ordre ?
Attendre ? Négocier ? Reculer indéfiniment ?La question mérite mieux que des slogans.
Le maintien de l’ordre est un métier difficile, exigeant et parfois dangereux. Les policiers doivent prendre des décisions en quelques secondes, dans des situations tendues où ils peuvent être blessés, voire gravement atteints. Ils doivent protéger les manifestants pacifiques, les riverains, les commerçants et leurs propres collègues, tout en respectant un cadre légal strict.
Exiger d’eux qu’ils respectent la loi est parfaitement normal. Exiger qu’ils fassent preuve de discernement et de proportionnalité l’est tout autant. Lorsqu’un policier commet un abus, il doit faire l’objet d’une enquête et, si les faits sont établis, être sanctionné.
Mais pourquoi cette exigence serait-elle à sens unique ? Pourquoi faudrait-il examiner chaque geste policier à la loupe tout en reléguant au second plan les actes de ceux qui provoquent les affrontements ? Pourquoi la violence d’un agent susciterait-elle immédiatement des déclarations politiques, alors que les violences commises contre les policiers, les pompiers ou les biens privés risqueraient de devenir un simple élément de contexte ? Combien de casseurs et d’émeutiers reçoivent des sanctions lourdes ou passent des journées en prison ?
La violence ne devient pas acceptable parce qu’elle est commise au nom d’une revendication sociale de gauche.
Derrière les images d’affrontements, il y a aussi ceux dont on parle beaucoup moins.Il y a ce commerçant qui découvre sa vitrine brisée et qui devra payer les réparations. Il y a cet indépendant dont la voiture a été incendiée. Il y a ce chauffeur de bus qui doit continuer à travailler dans un climat d’insécurité. Il y a ces pompiers qui interviennent pour éteindre un incendie et qui ne devraient jamais avoir à craindre d’être pris pour cible. Il y a ces ambulanciers qui doivent pouvoir secourir une personne sans être entravés par des violences. Que leur répond-on dans la gauche radicale ?