Allemagne : l’AfD et Die Linke réalisent de très gros scores, Friedrich Merz fragilisé
Nouvelle défaite aux élections régionales pour le chancelier allemand Merz qui perd un peu plus d'autorité politique en Allemagne.
Publié par J.PE
Les élections régionales de ce dimanche 20 septembre confirment la recomposition du paysage politique allemand. L’AfD arrive largement en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, tandis que Die Linke s’impose à Berlin. La CDU de Friedrich Merz essuie, elle, un nouveau sérieux revers.
Le paysage politique allemand continue de se transformer. Après la percée spectaculaire de l’AfD en Saxe-Anhalt au début du mois, les élections régionales organisées ce dimanche à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale confirment la progression de formations situées aux deux extrémités du spectre politique.
À Berlin, Die Linke arrive en tête avec 25,5 % des voix. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, c’est l’AfD qui prend la première place avec 37,9 %, un résultat en très forte progression par rapport aux 16,7 % obtenus en 2021.
Pour Friedrich Merz, ces résultats constituent un nouveau revers politique. Le chancelier allemand et président de la CDU a toutefois exclu toute démission et assure vouloir poursuivre ses réformes.
L’AfD atteint 37,9 % dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale
Le résultat le plus spectaculaire de la soirée est enregistré dans le nord-est de l’Allemagne. L’AfD recueille 37,9 % des suffrages, devançant le SPD de la ministre-présidente sortante Manuela Schwesig. La progression est considérable : cinq ans plus tôt, l’AfD avait obtenu 16,7 % dans ce Land.
La campagne avait été particulièrement polarisée entre Manuela Schwesig et le candidat de l’AfD Leif-Erik Holm. La dirigeante sociale-démocrate s’était présentée comme celle capable d’empêcher l’AfD de devenir la première force politique régionale.
Son objectif n’a finalement pas été atteint. Malgré son arrivée en tête, l’AfD ne devrait cependant pas être en mesure de former un gouvernement. Le principe du Brandmauer, qui exclut les coopérations gouvernementales avec le parti, continue de s’appliquer.
Manuela Schwesig pourrait donc conserver son poste si elle parvient à former une coalition avec Die Linke et les Verts.
Die Linke crée la surprise à Berlin
Dans la capitale, c’est la gauche radicale qui réalise le principal coup politique de la soirée. Die Linke obtient 25,5 % des voix, devançant la CDU de Friedrich Merz, qui recueille 20 %. Les Verts arrivent à 15,4 %, l’AfD à 13,9 % et le SPD à 12 %.
Le scrutin berlinois a principalement été dominé par les problématiques locales, notamment le logement et la hausse des prix.
Avec ce résultat, Die Linke pourrait désormais tenter de prendre la direction de la ville-région. Une alliance avec les Verts et le SPD lui permettrait de disposer d'une majorité.
La candidate de Die Linke, Elif Eralp, s’est félicitée du résultat et a appelé à transformer la capitale autour des questions de justice sociale et de logement.
La CDU de Friedrich Merz en difficulté
Pour la CDU, le bilan de cette soirée électorale est particulièrement difficile. À Berlin, le parti termine deuxième avec 20 %. Mais c’est surtout en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale que le résultat inquiète : la CDU n’y obtient que 5,2 % des voix.
Le parti évite ainsi de peu de ne pas franchir le seuil nécessaire pour être représenté au Parlement régional. Friedrich Merz a reconnu la gravité du résultat, le qualifiant lui-même de « désastre ». Ce nouveau revers intervient quelques semaines seulement après les élections en Saxe-Anhalt, où l’AfD avait obtenu 43,8 % des suffrages.
Merz refuse de quitter la chancellerie
Malgré la pression politique, Friedrich Merz ne compte pas abandonner son poste. Le chancelier a réuni les dirigeants de la CDU dimanche soir et réaffirmé son intention de poursuivre les réformes engagées par son gouvernement. Il défend notamment l’idée que ces réformes sont nécessaires pour répondre aux difficultés économiques et politiques du pays. Les résultats régionaux vont néanmoins alimenter les débats au sein de la CDU sur la stratégie à adopter face à la progression de l’AfD, particulièrement dans l’est du pays.