Après avoir lancé l’idée d’interdire X, Marine Tondelier veut « interdire le mensonge en politique »
Il y a moins d'un mois, la candidate écologiste souhaitait pouvoir interdire X en cas d'ingérence du réseau social. Marine Tondelier propose aujourd'hui d' "interdire le mensonge en politique".
Publié par J.PE
La secrétaire nationale des Ecologistes et candidate à l’élection présidentielle Marine Tondelier veut faire adopter une loi visant à sanctionner les « mensonges factuels et délibérés » des responsables politiques. Une proposition relancée après les déclarations controversées d’un sénateur sur l’acétamipride.
Marine Tondelier veut s’attaquer à un sujet particulièrement sensible en politique : la diffusion volontaire de fausses informations. La dirigeante des Ecologistes propose que la France se dote d’une législation permettant de sanctionner les élus qui mentiraient délibérément dans le débat public, avec notamment une possible inéligibilité.
Dans une note publiée sur son blog vendredi 4 septembre, la candidate écologiste estime nécessaire de construire un « arsenal législatif solide pour protéger la qualité du débat public ».
Une proposition relancée par la polémique sur l’acétamipride
Marine Tondelier s’appuie notamment sur les propos tenus par le sénateur Horizons Vincent Louault dans l’émission Complément d’enquête, consacrée aux pesticides et diffusée sur France 2.
Interrogé sur les débats autour de l’acétamipride, le parlementaire a reconnu avoir relayé une information qu’il savait fausse, assumant avoir « fait une fake news ». Pour justifier cette démarche, il a expliqué que les électeurs comprenaient plus facilement « des messages simples ».
Ces déclarations ont provoqué de nombreuses réactions et relancé le débat sur la responsabilité des responsables politiques dans la circulation de fausses informations.
Pour Marine Tondelier, cet épisode illustre les limites du système actuel. Elle souhaite donc qu’un cadre juridique permette de sanctionner les responsables politiques lorsqu’ils diffusent volontairement des informations qu’ils savent erronées.
Le modèle gallois comme inspiration
La dirigeante écologiste cite notamment l’exemple du pays de Galles. Le Parlement gallois a adopté une législation destinée à lutter contre les mensonges délibérés de candidats pendant les campagnes électorales. Le dispositif doit entrer en application à partir de 2030 et prévoit également des mécanismes pouvant aller jusqu’à la révocation de certains élus.
Marine Tondelier défend cette approche tout en cherchant à répondre aux critiques sur le risque de voir apparaître une forme de « police de la vérité ».
« Le but n’est pas de créer un ministère de la vérité », assure-t-elle, en insistant sur le fait que sa proposition viserait uniquement les mensonges délibérés et factuels.
Un débat qui pose la question de la liberté d’expression
La proposition soulève toutefois une question centrale : qui déterminerait qu’un responsable politique a volontairement menti ?
Sa proposition devrait ainsi alimenter un débat particulièrement sensible à l’approche de l’élection présidentielle : comment protéger la qualité du débat démocratique sans porter atteinte à la liberté d’expression des candidats et des élus ? Il y a moins d'un mois, Marine Tondelier plaidait pour que la France puisse interdire X en cas d’ingérences étrangères lors de la présidentielle de 2027, tout en reconnaissant que la plateforme est devenue incontournable pour les responsables politiques.