Le RN veut couper l’aide à l’Ukraine : Édouard Philippe l’accuse de « soutenir le régime de Poutine »
Louis Aliot veut arrêter l’aide française à Kiev. Une position qu’Édouard Philippe peut juger dangereuse pour l’Ukraine et l’Europe. Mais le vice-président du RN condamne explicitement « l’agression russe ». En l’accusant malgré tout de « soutenir le régime de Poutine », Philippe préfère le procès d’intention au débat de fond.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après la volonté de Louis Aliot de couper l’aide française à l’Ukraine, Édouard Philippe accuse le RN de « soutenir le régime de Poutine ». Une attaque qui confond les conséquences d’une politique avec les intentions de ceux qui la défendent.
Louis Aliot venait d’annoncer que, si le Rassemblement national arrivait au pouvoir, la France devrait « couper le robinet » de l’aide à l’Ukraine. Édouard Philippe pouvait demander ce qu’il adviendrait de Kiev privée d’une partie de son soutien occidental, expliquer qu’une Ukraine affaiblie négocierait nécessairement en position de faiblesse ou défendre l’idée qu’une victoire russe coûterait finalement beaucoup plus cher à l’Europe que les milliards consacrés aujourd’hui à l’empêcher. Il a préféré prêter à son adversaire une intention.
« Couper le robinet à l’Ukraine, c’est servir la Russie », a d’abord écrit le candidat Horizons à la présidentielle. Jusque-là, rien d’illégitime : Philippe porte un jugement sur les conséquences de la politique proposée par le RN. Mais la phrase suivante franchit une frontière : « Le Rassemblement national a changé de position sur à peu près tout, sauf sur son soutien au régime de Poutine contre les intérêts français et européens. » Et il conclut qu’« affaiblir l’Ukraine comme le souhaite Marine Le Pen », c’est menacer la sécurité française et européenne.
En trois phrases, la critique change ainsi subrepticement de nature. Couper l’aide à Kiev profiterait à Moscou ; donc le RN « soutient » le régime de Vladimir Poutine ; donc il agit « contre les intérêts français et européens ». La conséquence supposée d’une politique devient l’intention de celui qui la propose. Le désaccord stratégique se transforme en soupçon d’allégeance.
Le problème est que Louis Aliot venait précisément de dire le contraire.
« On a condamné l’agression russe »
Interrogé sur BFMTV, le vice-président du RN avait pris soin de récuser tout soutien à Moscou avant même de réclamer l’arrêt de l’aide française. « On ne peut pas nous suspecter, si vous voulez, de plutôt soutenir la Russie. On a condamné l’agression russe et la guerre que la Russie mène à l’Ukraine depuis quatre ans », déclarait-il, rappelant avoir accueilli à Perpignan des réfugiés ukrainiens qui vivent toujours dans sa ville.
Si le #RN accède au pouvoir, il "coupera le robinet" à l'Ukraine. Louis Aliot https://t.co/FD4bavio6t pic.twitter.com/y5QZLrnU75
— Katia Ivanovna-Kudrjavcev #TAEM - PFM 🇫🇷🇪🇺🇺🇦 (@dusud_kiki) September 4, 2026
Plus significatif encore, lorsqu’on lui demande qui empêche aujourd’hui la guerre de s’arrêter, Aliot ne renvoie pas dos à dos Kiev et Moscou : « Il est évident qu’on a affaire à un pays, la Russie, qui ne fait aucun effort manifestement pour l’arrêter. »
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