Cinq ans après l’assaut du Capitole, l’événement n’est plus seulement un traumatisme national, ni même un dossier judiciaire. Il est devenu un champ de bataille politique, et désormais un objet de récit officiel. La Maison-Blanche a publié une nouvelle version des faits, au ton solennel et à la mise en scène calculée, qui inverse la responsabilité de la violence et présente le 6 janvier 2021 comme une manipulation démocrate, une « infamie exploitée pour persécuter des patriotes ». Au même moment, à Washington, les démocrates ont commémoré la journée comme une attaque contre la démocratie, tandis que des partisans de Donald Trump et des graciés défilaient pour célébrer leurs « martyrs » et réclamer rétribution et poursuites contre leurs adversaires. La capture du récit avantageux est un instrument de pouvoir.
Sur le site de la Maison-Blanche, le texte est publié sur fond noir et intitulé « 6 Janvier, une date qui restera comme une infamie », expression explicitement calquée sur la rhétorique de Franklin Roosevelt après Pearl Harbor. Mais l’analogie s’arrête là : l’objectif n’est plus de rappeler une agression extérieure, mais de reconfigurer un événement intérieur en acte d’accusation contre le camp démocrate.
La journée n’est plus décrite comme une tentative de bloquer la certification de la victoire de Joe Biden. Elle devient dans cette version une opération politique où les démocrates auraient inversé la réalité, qualifié des manifestants pacifiques d’insurgés, et construit de toutes pièces le récit d’un coup d’État violent « malgré l’absence de preuves » d’une rébellion armée ou d’une intention de renverser le gouvernement. Le cœur de la thèse est frontal : la véritable insurrection aurait été, non pas l’irruption au Capitole, mais la certification d’une élection « entachée de fraudes » et l’usage des agences fédérales comme des armes contre les dissidents.
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