Canicule : le fiasco des climatiseurs révèle tout ce que l'Europe n'a toujours pas compris
Les canicules ne révèlent pas seulement un manque de climatiseurs dans les magasins. Elles mettent en lumière une faiblesse plus profonde : l'Europe a longtemps sous-estimé ses besoins en refroidissement et dépend désormais massivement des usines asiatiques pour s'équiper.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
À chaque canicule, l'Europe manque de climatiseurs et dépend des importations asiatiques. Une faiblesse industrielle qui interroge sa capacité à s'adapter au changement climatique.
Chaque été apporte son lot de records de température. Chaque été, les mêmes scènes se répètent : magasins dévalisés, délais de livraison qui explosent, installateurs débordés et familles cherchant désespérément un climatiseur ou même un simple ventilateur. Et chaque année, l'Europe découvre avec retard qu'elle n'est pas préparée à vivre dans un climat qui n'a plus rien à voir avec celui du siècle dernier.
Cette situation dépasse largement la question du confort. Elle révèle trois échecs majeurs de l'Union européenne : son incapacité à anticiper les conséquences du changement climatique, son refus longtemps assumé de considérer la climatisation comme un équipement essentiel et une dépendance industrielle toujours plus préoccupante envers l'Asie.
Une Europe pensée pour le froid, pas pour la chaleur
Pendant des décennies, les responsables politiques européens ont pensé l'énergie sous un seul angle : se chauffer. Les logements ont été conçus pour retenir la chaleur, les réglementations ont privilégié l'isolation hivernale et les investissements se sont concentrés sur les systèmes de chauffage. Pendant ce temps, les pays asiatiques, confrontés depuis longtemps à des chaleurs extrêmes, développaient une industrie du refroidissement devenue aujourd'hui incontournable.
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